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MEMORANDUM SUR LA SITUATION SOCIOPOLITIQUE EXPLOSIVE DU CAMEROUN
A L’union Européenne
Et à tous les pays membres       
 Londres, le 05 mars 2008 .   L es liens historiques privilégiés entre des pays moteurs de l’UE et l’Afrique noire expliquent les interdépendances entre l’UE et l’Union Africaine (UA). L’UE est en outre devenue un modèle de référence dans la promotion de la démocratie et des droits de l’homme sur la scène internationale et notamment en Afrique noire. C’est ce que confirment par exemple les nouveaux accords de partenariat économiques (APE) où sont au centre la bonne gouvernance, le respect des droits de l’homme, la participation des acteurs non étatique (ANE) à la définition des politiques de développement, le renforcement des intégrations régionales et la construction des Etats de droit.
 
       undefined     Il se passe cependant que toutes ces modalités nécessaires à la poursuite d’une coopération prospère entre l’UE et l’UA sont fortement menacées par des chefs d’Etat africains atteints d’une ivresse du pouvoir au point où on peut parler d’un « syndrome africain ». C'est-à-dire d’un ensemble de pratiques dictatoriales, meurtrières, clientélistes et criminelles dont le seul et unique but est de rester au pouvoir jusqu’à ce que mort s’ensuive sans se préoccuper du bien-être collectif des populations. Des pays africains comme la Côte-d’Ivoire, le Kenya, le Tchad sont aujourd’hui empêtrés dans des conflits armés parce que des chefs d’Etats veulent rester au pouvoir par des moyens antidémocratiques dont le plus utilisé est la modification de la Constitution de leurs pays. L’Etat de droit, la participation des ANE, la démocratie, la bonne gouvernance et la construction des intégrations régionales sont ainsi foulés aux pieds par des dirigeants africains dont le seul est unique objectif est la poursuite de leurs intérêts privés et ceux des réseaux hégémoniques extérieurs et intérieurs qui les soutiennent. Le danger du caractère criminel et irresponsable de cette manière d’exercer le pouvoir est que le développement reste une ineptie pour les populations africaines prises en otages par des clans au pouvoir depuis les indépendances. Qui plus est, des études montrent que les clans internes et externes qui soutiennent ces systèmes ne peuvent être démantelés que par la promotion de la démocratie et de l’Etat de droit.
 
Le Cameroun, pays pivot de la coopération UE-CEMAC vient aussi d’entrer dans la danse « du syndrome du africain ». C’est que monsieur Paul Biya en poste depuis 1982 (plus de 25 ans déjà !) a aussi entrepris une nouvelle modification constitutionnelle après celle déjà faite par lui en 1996 pour le même objectif maladif : Rester au pouvoir ad vitam aeternam. Si une révision constitutionnelle est nécessaire dans certaines circonstances comme la ratification du mini traité européen qui permet à l’UE de fonctionner, il est important de savoir que le chef d’Etat camerounais ne le fait pas pour un tel but. Il le fait pour ne pas assumer la mal gouvernance qui caractérise son régime et échapper ainsi à la justice des hommes. C’est à se demander si l’accord sur les APE signé par un tel chef d’Etat peut être crédible au sens où il est juste en quête de soutiens extérieurs à sa dérive dictatoriale et meurtrière (voir annexe 2).
 
En outre, une modification constitutionnelle peut aussi être légitime si le peuple souverain est d’accord et revendique par exemple un référendum. Ceci n’est pas le cas au Cameroun où les populations ont immédiatement compris que sans commission électorale indépendante, la modification constitutionnelle que projette Paul Biya n’est pas à son service mais du sien. Il est en conséquence massivement descendu dans les rues camerounaises pour dire son désaccord au projet de monsieur Biya. Le régime dictatorial de Yaoundé répond actuellement à ces manifestations citoyennes par :
 
  • L’interdiction des manifestations contre la révision constitutionnelle ;
 
  •  La répression violente et meurtrières des Camerounais qui osent manifester (voir annexe 2) ;
 
  • La déportation des leaders de l’opposition camerounaise ;
 
  • L’enlèvement et l’emprisonnement de ceux que le régime considère comme dangereux pour sa continuité (voir annexe 1 et 2) ;
 
  • Les tirs à balles réelles de l’armée camerounaises sur des citoyens dont le seul crime est de refuser ce que propose monsieur Biya (voir annexe 2) ;
 
  •  La dissimulation des corps des Camerounais tués et le refus de restituer les cadavres aux familles concernées afin d’effacer les preuves voir annexe 2) ;
 
  • Une justice expéditive qui envoie en prison des manifestants sans qu’ils aient été au préalable jugés (voir annexe 2);
 
  • La fermeture et l’interdiction par le pouvoir des chaînes de télévision et des radios privées (voir annexe 1)
 
  • La mise en quarantaine des villes et des quartiers entiers parce qu’ils ne sont pas favorables à la modification constitutionnelle ;
 
  • L’augmentation des salaires des députés pour qu’ils votent positivement la réforme constitutionnelle introduite par le régime ;
 
  • Des journalistes incarcérés parce qu’ils relaient les revendications populaires (voir annexe 1)
 
Cette situation dont la dégénérescence générale et irrécupérable n’est qu’une question de temps pousse le CODE à appeler à la vigilance de l’UE pour ne pas laisser une nième dictature africaine saper l’avenir des générations futures par ses bas intérêts compulsifs de rester au pouvoir. L’embrasement total du Cameroun (il est déjà partiel et entamé) serait une catastrophe non seulement pour ses populations, mais aussi pour toute l’Afrique centrale dont il est un élément clé de la stabilité géopolitique. En effet, la Centrafrique, le Congo Brazzaville, le Tchad sont soit des Etats à peine sortie de guerres civiles meurtrières, soit dans une situation de guerre permanente. Le Cameroun qui est en train de se joindre sûrement à cette liste prouve non seulement que l’ivresse du pouvoir des dictateurs africains est la base des conflits armés du continent noir, mais aussi celle de ses échecs de développement depuis les indépendances. C’est toute la sous région qui va entrer dans une instabilité et un processus conflictuel et de sous-développement chroniques dont personne ne connaît ni la durée, ni les moyens d’en sortir. La faute à qui ? A des dictateurs comme Paul Biya, Idriss Déby, Omar Bongo et Denis Sassou Nguesso dont rester au pouvoir est le seul projet politique.
 
Le CODE fait ainsi un vibrant appel à l’UE pour qu’elle use de tout son pouvoir et de son savoir faire pour préserver les droits des citoyens camerounais qui sont actuellement massacrés, emprisonnés, martyrisés, interdits d’expression et d’avoir des opinions sur ce qui les regarde, c'est-à-dire, la gestion sociopolitique de leurs pays. C’est une question de logique dans le respect des conditionnalités des APE car l’UE ne peut se contenter de se plaindre des freins que l’instabilité du continent noire pose à son propre développement et à la lutte contre l’immigration, sans au aussi veiller à ce que ceux qui signent les accords sur APE comme Paul Biya, promeuvent la démocratie et les droits de l’homme. Paul Biya a signé les APE mais il tue, emprisonne, déporte et condamne actuellement des Camerounais au service desquels sont censés être les APE. 
 
La pression de l’UE est nécessaire pour le respect de l’Etat de droit car l’actuel calme qu’observe une population camerounaise appauvrie, réprimée, condamnée et tuée par le système-Biya est celui qui annonce la tempête. Tous les voyants (inflation, chômage massif, pauvreté généralisée, ras le bol populaire, jusqueboutisme des populations, sédimentation des conflits) sont au rouge : Il faut donner sa chance à un peuple qui ose affronter les canons d’une armée criminelle pour se faire entendre. Les Camerounais qui se font tuer parce qu’ils manifestent leur mécontentement nécessite que l’UE mette en marche le droit d’ingérence dont le but est de protéger des vie humaines et de demander des comptes à leurs auteurs.
 
La situation camerounaise est d’autant plus préoccupante que plus de 25 ans d’un règne de Paul Biya y ont entraîné :
 
 
  • Après « l’événement traumatisme » que fut la colonisation allemande, britannique et française, un approfondissement de la pauvreté des populations.
 
  • L’enrichissement illicite d’une clique au pouvoir alors que les masses laborieuses croupissent dans une misère sans cesse croissante.
 
  • Le développement d’une société civile très souvent l’acolyte du pouvoir en place qu’elle ne contrôle plus.
 
  • Des enseignants et des paysans dévalorisés et déclassés sur l’échelle des valeurs nationales au bénéfice des armées qui protègent la dictature en place et les fossoyeurs de l’Etat que tolère le système corrompu.
 
  • La naissance d’une armée qui fait plus peur aux populations qu’elle ne les rassure (voir ses victimes en annexe 2).
 
  • L’appropriation de toutes les terres cultivables par les barons du pouvoir qui deviennent les plus grands agriculteurs du pays avec de l’argent public.
 
  • Un système « D » (débrouillardise) plus légitime dans la promotion du bien-être des populations que les gouvernements successifs de Biya et les institutions nationales.
 
Le CODE remercie d’avance l’UE de collaboration. Il espère qu’elle usera de toute son influence pour que le peuple redevienne souverain, surveillant et veto au Cameroun : C’est cette promesse de l’idéal démocratique qu’il faut sauver. Si elle est tenue, l’Afrique et le Cameroun suivraient allègrement leur route vers le développement et une coopération sereine avec le monde entier. Il suffit que Paul Biya respecte l’alternance au pouvoir que la Constitution de 1996 prévoit en limitant à deux le nombre de mandats d’un président. Le CODE défend cette clause constitutionnelle qui dans les dictatures subsahariennes empêche que les populations soient prises en otage par un groupe hégémonique qui confisque le pouvoir pour ses seuls intérêts morbides.
 
Le CODE souhaite aussi que l’Union Européenne se rassure que tous les Camerounais arrêtés pendant les émeutes soient libérés sans aucune condition, car il s’agissait d’un peuple en lutte pour sa dignité, et qui s’est trouvé en position de la légitime défense face à une armée abondamment engraissée par le régime pour son salut
 
Fait à Londres, le 05 mars 2008
 
Brice Nitcheu
 
Secrétaire Exécutif
Tag(s) : #Actualité

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