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Ndzana Seme, africanindependent.com 10/05/2008.Ceux qui voient l’existence au-delà de la dimension de l’espace-temps vous diront que la longévité au pouvoir de Paul Biya n’a été possible que grâce aux sacrifices humains qu’il n’hésite pas de faire, à l’image de la centaine des jeunes Camerounais qu’il venait d’exécuter en février dernier. Dans la culture occidentale ancienne essentiellement barbare où se ressource la Franc-maçonnerie, toute superpuissance dépend du nombre d’humains sacrifiés. Un parallèle avec le symbolisme catholique de la consommation du corps et du sang du Christ est une confirmation de ce que les Hébreux, dont Abraham et les siens, consommaient le corps et le sang de leurs sacrifiés. La majorité des communautés africaines n’ont pas besoin de sacrifier des humains en plein jour pour arrêter la colère de Dieu ou obtenir des faveurs de Lui. Nos ancêtres ont en effet su substituer un animal à la place de l’humain à sacrifier. 


NEW YORK 05/10/2008 - Quand les Romains massacraient des gens par milliers, certains rois extrémistes comme Néron s’étant même fait remarquer historiquement par leurs orgies de sang humain, ceux qui ne perçoivent l’existence que dans sa dimension de l’espace-temps n’y voient souvent que la stratégie de la terreur comme mode de gouvernement ; ignorant ainsi le rôle du sacrifice comme solution pour faire changer le cours des choses par Dieu.

Dans notre dernier ouvrage
The Republican Peril – Dialectic for Democratizing Sovereignty dans la section présentant la secte franc-maçonnique Skull and Bones (crâne et os) dont la famille des Bush est membre influent depuis plus d’un siècle, tout comme l’est John Kerry qui faillit prendre le pouvoir en 2004, nous avons mentionné un grand Bonesman (appellation désignant un membre de la secte) qui avait établi la philosophie de la fraternité en matière d’exercice du pouvoir.

Henry Stimsom, un individu ayant servi comme Secrétaire à la guerre sous cinq présidents américains, avait en effet établi qu’un bon
Bonesman
au pouvoir doit jeter les Etats-Unis dans la guerre tous les dix ans, sous le prétexte évident qu’une telle politique de la terreur établirait les Etats-Unis comme superpuissance mondiale, alors qu’en réalité dans la culture occidentale ancienne essentiellement barbare où se ressource la Franc-maçonnerie, toute superpuissance dépend du nombre d’humains sacrifiés.

Ceux qui voient l’existence au-delà de la dimension de l’espace-temps vous diront que la longévité au pouvoir de Paul Biya, mais aussi celle d’Ahmadou Ahidjo et d’une bonne partie des premiers présidents africains versés dans les cultes occidentaux des démons, n’a été possible que grâce aux sacrifices humains qu’il n’hésite pas de faire, à l’image de la centaine des jeunes Camerounais qu’il venait d’exécuter en février dernier.

Dans la Bible, mais aussi dans le Coran et la Torah, il est bien connu que, contre la récompense divine formulée en termes de
« A ta postérité je donne ce pays, du Fleuve d'Egypte jusqu'au Grand Fleuve, le fleuve d'Euphrate » (Gn 15, 7.18), Dieu demanda à Abraham, un ancêtre des Hébreux, de Lui offrir son fils unique Isaac en sacrifice. La foi immense d’Abraham est alors célébrée dans ces religions méditerranéennes parce que, même comme Isaac était son fils unique sur qui le même Dieu liait toutes ses espérances en termes de « C'est par Isaac que tu auras une postérité »
(He 11, 18), Abraham s’était résolu à sacrifier son fils bien aimé à Dieu.

L’Ancien Testament biblique, qui tire ses sources religieuses en Afrique, n’explique cependant pas le processus complet des rituels africains du sacrifice, contribuant ainsi à entretenir le mystère qui entoure depuis des siècles cette scène sur Abraham et Isaac.

Par contre c’est le Nouveau Testament qui, dans son objectif d’abolir les sacrifices humains, fait traverser à l’ancêtre hébreu Jésus Christ les étapes rituelles africaines du sacrifice. La Bible finit alors par placer Jésus comme celui qui s’était sacrifié à Dieu pour le pardon des péchés de tous les humains au sein de son peuple, rendant ainsi inutile tout autre sacrifice humain, en même temps qu’il se positionnait comme l’ancêtre des ancêtres.

La religion chrétienne fut facilement acceptée par les sociétés africaines parce que l’occupant colonial allemand avait su la présenter comme semblable à tous points aux religions traditionnelles des sociétés précoloniales. Ceci parce que la figure catholique du christianisme présente des traits communs avec les religions traditionnelles africaines.

En effet, dans la théologie de la fin du 19ème siècle, la mort douloureuse de Jésus Christ est présentée par l’église catholique coloniale comme l’expiation. Une telle expiation paie pour la salvation des hommes - qui autrement seraient voués à tous les malheurs - par la rançon des épreuves douloureuses (la « passion ») qu’exige la juste colère de Dieu.

Les Bëti par exemple étaient d’emblé préparés à comprendre la passion du Christ dès lors que leur religion propre était centrée, dans tous ses différents rituels, sur l’évacuation du Mal par le biais de la souffrance marquée notamment par des punitions, toutes destinées à satisfaire les entités invisibles perçues comme des justiciers vengeurs.

Les Africains convenaient surtout avec le christianisme que la colère de Dieu est causée par le bris d’interdit autrement appelé péché. La morale chrétienne présentait des aspects identiques aux interdits qui réglementaient la vie sociale à l’intérieur du lignage Bëti.

Il y avait en effet chez ces Bëti anciens des interdits comme la défense de tuer, de voler, de dissimuler, de prendre la femme d’autrui, de tromper son mari, de nuire, de se fâcher, etc., et des prescriptions comme respecter ses parents, respecter ses aînés, leur prêter assistance, leur obéir, être juste et généreux, être sociable, et s’aimer entre « frères ».

Nous examinerons plus loin ou dans un autre article la violence et les malentendus ayant mené à l’élimination des religions traditionnelles et à l’imposition du christianisme comme seule religion dans les colonies africaines.

Le rituel de l’eucharistie, que les Catholiques exécutent tous les dimanches, est le partage des éléments eucharistiques pain et vin, qui sont le corps et le sang du Christ offert en sacrifice sur la croix et ressuscité. Les rituels des religions africaines consistent aussi à offrir des sacrifices humains à Dieu, le plus souvent mais pas toujours sous forme de substituts animaux, suivis de la consommation, sous forme des et avec les remèdes, du corps et du sang du sacrifié par les vivants. Ceci afin que ces derniers soient protégés contre la colère de Dieu, exécutée par ses justiciers invisibles.

Le mystère que la Bible a tenu à garder sur la scène du sacrifice d’Isaac par Abraham a consisté à cacher la suite du rituel, qu’Abraham allait exécuter après avoir tué sont fils. Cette suite consiste exactement en la consommation, même symbolique, du corps et du sang du sacrifié pour obtenir, pour ce cas biblique, non pas le pardon des péchés, mais plutôt la récompense sous forme des richesses matérielles qui traduisent le bien-être recherché par tous.

Dans les communautés traditionnelles précoloniales du Cameroun, certaines appliquaient à la lettre le rituel du sacrifice pour calmer la colère de Dieu. Il en était ainsi des Vute ou Babouté qui, lors des rituels de guérison du
Mvung, substituaient à un adulte malade un jeune enfant, que les Ngundji
(officiants) sacrifiaient par de longues saignées au coup et en consommaient le corps sous forme de remèdes après la mort. Les Vute auraient eux-mêmes emprunté le rituel des Bati - qui englobent les Sanaga (Tsinga) et les Bafek (Yalongo) du nord de la Sanaga -, d’après l’ethnologue Philippe Laburthe-Tolra qui dit le tenir de J.-L. Siran, un témoin ayant travaillé chez les Vute.

Les Hébreux ayant emprunté leurs rituels du sacrifice des anciens Egyptiens africains, le parallèle avec le symbolisme catholique de la consommation du corps et du sang du Christ est une confirmation de ce que les Hébreux, dont Abraham et les siens, consommaient bien le corps et le sang de leurs sacrifiés. Il n’y a donc rien de nouveau dans les rituels traditionnels précoloniaux des peuples du nord Sanaga, dont l’administrateur colonial allemand Hans Dominik prit particulièrement plaisir à faire massacrer les
Ngundji
sur plainte de la mère d’un enfant sacrifié à Ntui.

Nous voulons surtout montrer que le rituel de sacrifice qui se passe dans un petit village du nord Sanaga, dans le but de sauver la vie d’un adulte malade, devient une opération de massacre de centaines et de milliers d’humains de la part d’un adepte des sectes religieuses occidentales – dont la Franc-maçonnerie, son Illuminati et ses multiples ordres et branches sont les plus connus – dans la quête individuelle des richesses ou de la superpuissance, attendus de Dieu… ou alors du Diable.

Par contre, la majorité des communautés africaines n’ont pas besoin de sacrifier des humains en plein jour pour arrêter la colère de Dieu ou obtenir des faveurs de Lui. Nos ancêtres ont en effet su substituer un animal à la place de l’humain à sacrifier. Et ils ont obtenu des résultats d’une efficacité égale. Les Musulmans les ont suivis sur cette tradition.

Depuis lors, les ancêtres africains ont prescrit le sacrifice des animaux, les hommes que de tels animaux sont chargés de représenter devant cependant en plus subir, tout en les acceptant, les souffrances exigées ; qui passent souvent par la mort et la résurrection symboliques lors des rituels comme le So.

En nous basant sur les procédures rituelles chez les Bëti, les Bamiléké et les Toupouri, nous montrerons dans un prochain article comment nos communautés précoloniales savaient s’attirer les faveurs de Dieu et stoppaient efficacement des fléaux dangereux qui ont fait lit au Cameroun actuel, à savoir la sorcellerie, le vol, le mensonge, la cupidité, le meurtre et le culte des démons.
Tag(s) : #Enquêtes

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