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Jean Célestin Edjangue, Le Messager,13/06/2008.L’Affaire Etat du Cameroun et Pad contre Siyam Siwé, Etondè Ekoto et autres, en appel, tourne aux procès des experts du contrôle supérieur de l’Etat.

“ M. le président, les experts du Contrôle supérieur de l’Etat ont continué à émarger au Port autonome de Douala (Pad) jusqu’au 12 décembre 2007, alors même que nous étions en audience de première instance. Contrairement à ce que l’on pense, le vrai pillage du Pad a commencé après les départs de Siyam Siwé et de Etondè Ekoto, qui ont laissé les caisses pleines ”. Au premier jour du procès de l’Affaire Pad en appel, les avocats des deux accusés n’y sont pas allés du dos de la cuillère. Au moment où l’accusation, par la voix des avocats généraux, Me Yandja et Bikoung, s’empêtrait à démonter le mécanisme de fonctionnement des sessions de Conseil d’administration, en face, Mes Pensy, Mbongo, Likalè et Ayissi sont montés au créneau.
Brandissant devant la Cour, des états de paiement des frais de mission des inspecteurs du Contrôle supérieur de l’Etat commis experts auprès du Pad, conformément à l’article 5 du décret N° 97/048 du 05 mars 1997, ils dénoncent la collusion entre ces experts et le Pad, partie civile dans l’affaire. Et de préciser : “ Pour le mois de décembre 2007, par exemple, chacun des trois experts, Chi Asafor, Mbida Amougou et Pépouéré Abdou ont émargé chacun pour 1.625.000 Fcfa. Pendant que les chauffeurs des inspecteurs empochaient 390.000 Fcfa chacun. Soit un total de 6.045.000 Fcfa pour ce seul mois de décembre 2007 ” ! La salle manifeste bruyamment, crie au scandale. Le ministère public se fâche, mécontent du grand déballage qui a commencé devant la Cour. Une impression de malaise est alors perceptible. Comme si le procès en appel de l’affaire du Pad, renvoyait à la République ses propres travers.

80 millions Fcfa en cause
Les avocats du Pad se font encore plus véhément : “ M. le président, nous ne sommes pas ici pour juger les experts du Contrôle supérieur de l’Etat. Les accusés tentent de distraire la Cour. Nous ne devons pas nous laisser entraîner dans cette voie ”. Le collège d’avocats des accusés s’enfoncent alors dans la brèche : “ M. le président, ce sont pas moins de 80 millions Fcfa, l’argent du contribuable, qui ont ainsi été partagés par ce groupuscule. ” Alors, une bande de coquins, les experts de l’Etat commis dans ce dossier ? Me Pensy, Ayissi et leurs collègues ne sont pas loin de le penser : “ Ils ont systématiquement écarté les éléments à décharge, ne retenant que ce qui allait dans le sens de la partie civile et, partant, de l’accusation ”.
Que pense le président du tribunal, M. Kamtchueng Jonas, de tout cela ? Il a l’air de ne pas vraiment en rire. “ Je ne vois pas à quoi sert tout ce déballage maintenant. Je le répète, pour l’instant, ça n’a aucun intérêt. Le moment venu, vous exposerez vos arguments ”, insiste-t-il dans son style bien particulier, un tantinet flegmatique. Suffisant en tout cas pour recentrer les débats et reprendre le contrôle de l’audience. Reste que les avocats de Siyam Siwé et Etondè Ekoto, dénoncent la “ subordination de témoins ”, convaincus que l’argent touché par les inspecteurs du Contrôle supérieur de l’Etat, a pu influencer le cours de l’instruction. Et devant ce qui apparaît au regard de la loi comme une irrégularité, les avocats des accusés demandent “ la nullité de la procédure ”. Seront-ils suivis ? Les débats suspendus après les deux premières journées d’audience les 9 et 10 juin derniers, reprendront dans deux semaines. Sous réserve des éclairages que pourront donner les experts du Contrôle supérieur de l’Etat, ils sont ainsi clairement accusés.
 

Tag(s) : #Actualité

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