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                  Ndzana Seme, africanindependent.com,10/06/2008. Le cas des Meru du Kenya, des Sara du Tchad et des Beti du Cameroun 
Les groupes ethniques qui ont le plus résisté à la domination religieuse chrétienne et musulmane sont aussi ceux qui s’en sortent économiquement mieux que les autres dans une Afrique transformée en un océan de misère par le républicanisme occidental. Il en est ainsi des Sara au Tchad, des Bamiéké mais aussi des Eton (un sous-groupe des Beti facilement convertis au christianisme) au Cameroun, qui ont tous plus ou moins bien conservé leurs traditions. Notre conviction profonde est que toute réussite politique, économique et sociale en Afrique passe par une restauration des cultures et religions précoloniales et par leur insertion dans nos institutions étatiques. Les traditions africaines sont les lieux historiques où il faut aller chercher la démocratie pure. La politie générationnelle des Beti et des Meru, basée sur l’exercice de la souveraineté par les assemblées des initiés gouvernants, relève d’une forme de régime démocratique et d’un type de citoyenneté méconnus dans l’histoire occidentale. Si la religion Beti était encore en vigueur, les rituels So auraient depuis longtemps été organisés partout dans les lignages et les communautés. Toutes les conditions sont en effet remplies actuellement, avec d’une part l’existence d’une pauvreté et d’une mortalité grandissantes, et d’autre part des péchés de sorcellerie, de meurtres, d’inceste, de vol, de mensonge, de prostitution, de cupidité, d’homosexualité, et de bien d’autres minsém actuellement très répandus au Cameroun, pour justifier la tenue de ces rituels salvateurs. 


NEW YORK 06/10/2008 – La saine activité politique et la saine religion ont une chose fondamentale en commun : toutes les deux sont une quête du bien-être des humains. Chercher à dissocier la politique de la religion est souvent l’exercice par excellence où se trouve écartée cette mission fondamentale du bien-être pour tous.

Le lecteur devrait clairement comprendre l’objectif de cette série d’articles que nous avons entreprise sur les religions africaines. L’objectif ultime de cette entreprise, comme nous le démontrerons dans notre prochain ouvrage, est de présenter aux Africains un modèle d’Etat africain fondé sur des institutions inspirées sur nos cultures traditionnelles. Ceci par opposition aux modèles occidentaux qui continuent d’échouer, avec pour conséquence de maintenir l’Afrique dans son statut actuel de continent de la misère et des catastrophes.

La religion, comme cela est observé historiquement à travers le monde, est la base de la culture, de la civilisation et ses modèles politiques.

La religion comme outil historique de domination en Afrique


Proche du Cameroun, un drame se joue depuis des années. Habitués que nous sommes à lire notre propre réalité uniquement à travers les prismes déformants occidentaux, notamment les médias d’outre atlantique, nous avons tendance à ignorer l’origine du conflit tchadien, qui dure depuis plus de trente ans.

Le premier dirigeant tchadien, François Ngarta Tombalbaye, avait tout simplement osé jeter les bases d’un Etat africain fondé sur les traditions africaines. Il avait imposé à chacun de ses collaborateurs et responsables de son gouvernement, ainsi qu’à tous les enfants de son pays, de subir les rites d’initiation.

Les rites d’initiation ont en Afrique l’avantage de renouer l’individu avec sa religion traditionnelle et de lui inculquer les bases éthiques indispensables à chaque adulte, notamment à travers la notion centrale du péché. Or sans éthique, toute action politique est périlleuse pour tout pays et tout peuple.

La dernière des choses qu’un dominateur puisse souhaiter de son dominé étant l’indépendance et le succès qui découlerait d’une telle indépendance, les Occidentaux ne pouvaient pas accepter que la
tchadisation de Tombalbaye réussisse. Le changement de nom de la capitale de Fort Lamy en N’djamena, qui signifie « laissez nous tranquille », était jugé comme le geste qui faisait déborder le vase du dominateur français.

Lisez un peu l’article ci-contre, écrit en 1974, non pas par un journal français, mais bien par le magasine américain Time. Vous comprendrez bien que l’adage français selon lequel « quand on veut se débarrasser de son chien on l’accuse de rage » a été utilisé à fond par les Occidentaux de tout bord pour couper court à toutes les velléités héroïques de Tombalbaye pour créer un Etat réellement africain au Tchad. On accusait tout simplement sa
tchadisation
de faire assassiner pasteurs et prêtres chrétiens.

La source du drame tchadien actuel est l’instrumentalisation française des groupes de rebelles qui avait pour but initial d’arrêter toute africanisation qui eut abouti à un Etat africain fondé sur des institutions ressourcées sur les cultures traditionnelles. A travers le chaos des coups d’Etat et les guerres de factions, les Français réussirent à mettre en échec les politiques d’africanisation de François Ngarta Tombalbaye, notamment sa détermination à rendre obligatoire le rite Yondo aujourd’hui encore en vigueur chez les Sara, son ethnie d’origine.

On peut noter que pendant le rite Yondo, les initiés reçoivent des signes de défense contre l’ennemi, notamment les scarifications à la face, une tradition initiée depuis l’époque des invasions esclavagistes arabes. Cette tradition permettait autrefois aux élites initiées et aux femmes Sara, elles aussi fardées d’une apparence hideuse, de se rendre moins désirables comme esclaves en cas de capture par les Arabes.

C’est dire que depuis plus d’un millénaire, les Sara ont une culture de défense contre les dominateurs, une culture utilisée par Tombalbaye contre les dominateurs français. Rappelons que les Sara sont un peuple d’origine nilotique dont le nom, donné par les envahisseurs arabes, signifie fils (Sa) du dieu Râ.

Notre conviction profonde est que toute réussite politique, économique et sociale en Afrique passe par une restauration des cultures et religions précoloniales et par leur insertion dans nos institutions étatiques.

Dans une Afrique transformée en un océan de misère par le républicanisme dominant, s’il faut regarder rien qu’autour de nous, l’on constatera aisément que les groupes ethniques qui ont le plus résisté à la domination religieuse chrétienne et musulmane, et par conséquent à la domination coloniale, sont aussi ceux qui s’en sortent économiquement mieux que les autres. Il en est ainsi des Sara au Tchad, des Bamiéké mais aussi des Eton (un sous-groupe des Beti facilement convertis au christianisme) au Cameroun, qui ont tous plus ou moins bien conservé leurs traditions.

Organisation sociale et politique des Meru et des Beti


En plus du bien-être, les traditions africaines sont les lieux historiques où il faut aller chercher la démocratie pure.

La société Beti ancienne comprenait trois catégories d’hommes :
1. le non-initié,
ebín, était, quel que soit son âge, à tout point assimilé aux femmes quant aux interdits alimentaires et à l’audience sociale parmi les hommes ;
2. l’initié,
mkpangos
, qui n’avait pas d’interdits alimentaires et qui prenait part à tous débats et prises de décisions politiques, traditionnellement consensuelles ; et, entre les deux, se situait
3. le jeune homme en cours d’initiation,
mvón
, bénéficiaire d’un aura glorieux valorisé par ses fonctions militaires.

Vu sous l’angle politique, la société Beti ancienne est une démocratie comme on en trouvait un peu partout en Afrique précoloniale. Elle peut être assimilée, dans son organisation tout au moins, à la société des Meru du Kenya, notamment ses sous-groupes Tigania et Igembe fondés sur une souveraineté collective. Une telle souveraineté est exercée collectivement par la classe des initiés appelés « Pères du pays » chez les Meru, et celle des initiés tout court chez les Beti,

Une souveraineté exercée collectivement est la manifestation de la démocratie la plus pure. Elle est d’autant plus pure que la règle pour la prise des décisions est le consensus en Afrique traditionnelle.

Quelques différences les plus saillantes en sont cependant que chez les Tigania et Igembe il y avait quatre classes générationnelles distinctes d’initiés (les Guerriers, les Jeunes pères, les Pères du Pays, et les Accomplis) alors que chez les Beti il n’y en avait que trois ; ceci en plus de ce que la classe des non-initiés semblait ne pas exister chez les Meru.

Par contre malgré leur éloignement l’une de l’autre, qui justifie d’ailleurs le choix de cette présentation comparée des deux, il faut noter que la première classe des initiés dans les deux sociétés était celle des guerriers et la classe la plus élevée celle des initiés gouvernants. Ces deux classes sont celles qui étaient politiquement actives.

Notons que, tout comme chez les Beti et les autres communautés du Cameroun, la conquête coloniale allemande est la force d’occupation qui démantela l’Etat des Tigania et Igembe du Kenya.

Dans les deux sociétés, la trilogie initiation, classe d’âge et souveraineté est la base des institutions gouvernantes.

La politie générationnelle des Beti et des Meru, basée sur l’exercice de la souveraineté par les assemblées des initiés gouvernants, relève d’une forme de régime démocratique et d’un type de citoyenneté méconnus dans l’histoire occidentale.

Cependant, contrairement aux Meru qui organisaient l’initiation d’une nouvelle classe de guerriers en partie dans le but clairement politique de provoquer la cascade des autres initiations dans les classes supérieures devant aboutir à l’éviction de la classe des Pères du pays, ainsi appelés à céder la place gouvernante aux Jeunes pères tout en rejoignant celle des Accomplis, l’initiation chez les Beti était essentiellement religieuse.

Eliminer le Mal, but ultime des rituels du So


Pour reconstituer le rite d’initiation So, Philippe Labhurte-Tolra fut contraint de confesser le péché qui devait justifier son organisation du rituel, fut-elle simplement théâtrale. Car le rite So n’était organisé par les anciens Beti que pour purifier les péchés de son organisateur et de ceux qui s’associaient à lui.

Labhurte-Tolra dut avouer qu’il avait coulé le sang de son frère en se battant étant petit, pour que l’initiateur et narrateur du So, Hubert Onana d’Ayéné secondé par deux
porteurs de sac de So (prêtres et directeurs du rite) venus d’Akono, organise l’initiation à Ahalla en 1967.

Par opposition au Mevungu qui initie les femmes, le So est un rite d’initiation des hommes, que nous décrirons assez exhaustivement dans notre prochain article.

Ce que le So n’est pas, c’est la « fête de la puberté » ou encore celle de la circoncision comme le soutint faussement Nekes, vite suivi par le non-initié Charles Atangana. Par contre, le So peut s’accepter comme le rite de passage au statut d’adulte. Mais il est surtout un rite religieux de guérison.

Le but du rite So est de laver le pécheur organisateur ainsi que sa famille/communauté d’un ou de plusieurs péchés ayant provoqué le courroux de Dieu et des Ancêtres. Ces divinités déçues par le ou les péchés retirent leur protection et laissent les esprits du Mal libres de frapper le pêcheur, sa famille/communauté et sa descendance par diverses formes de malédictions.

Le rite So a donc pour mission d’enlever la malédiction infligée par des esprits du Mal et de rétablir la protection de Dieu et des Ancêtres.

Si la religion Beti était encore en vigueur, les rituels So auraient depuis longtemps été organisés partout dans les lignages et les communautés. Toutes les conditions sont en effet remplies actuellement pour justifier la tenue des rituels salvateurs, avec d’une part l’existence d’une pauvreté et d’une mortalité grandissantes, et d’autre part des péchés de sorcellerie, de meurtre, d’inceste, de vol, de mensonge, de prostitution, de cupidité, d’homosexualité et de bien d’autres
minsém
actuellement très répandus au Cameroun.

La confession publique du ou des péchés est l’étape initiale à accomplir avant l’organisation des rituels, qui sont autant de séances de guérison. Pour que la guérison à travers les rituels d’initiation soit efficace, l’organisateur et les autres pères de familles qui se joignent à lui pour organiser l’initiation ne doivent laisser aucun péché qui ne soit pas avoué en public, suivi de l’engagement individuel et solemnel de ne plus le commettre.

Tandis que la tolérance était de mise chez les Beti à l’égard de tout pécheur qui avoue et se repent, étant dès lors considéré comme tout malade devant être soigné, les cas des péchés de sorcellerie recevaient un traitement particulièrement sévère, notamment chez les Meru.

La lutte particulière contre le diable


La sorcellerie étant essentiellement ravageuse pour la communauté, notamment à travers son principe de possession qui amène les possédés, même ceux qui ignorent qu’ils portent le diable appelé évú, à tuer sans retenue et à infliger des malédictions à tout va, elle était au centre de la lutte religieuse chez les Beti, alors qu’elle était traitée comme une question de sécurité chez les Meru.

Anne-Marie Peatrik écrit en effet que les
« Meru s’étaient protégés de manière originale en exploitant à fond certaines logiques de l’institution initiatique. Les hommes du njûûri ncheke, recrutés contre leur gré bien souvent et initiés dans le plus grand secret, auxquels incombent l’arrestation des meurtriers et l’exécution des condamnés à mort, sont à même de « combattre » les forces obscures de la sorcellerie et de la malemort… Les individus convaincus de sorcellerie étaient mis à mort  de manière particulièrement démonstrative : les souffrances qu’ils enduraient avaient valeur d’exemple, et les diverses manières de se débarrasser de leurs cadavres visaient à débarrasser le pays de leur présence calamiteuse… Agissant aux confins de l’espace public, les surinitiés du njûûri ncheke avaient pour fonction de combattre les forces obscures et mortifères menaçant de l’intérieur la politie.»

Même comme il faut reconnaître que les sorciers étaient parfois tués, notamment lorsqu’il subsiste des doutes sur leur confessions et qu’ils sont amenés à avaler des boules d’écorces le l’
élón qui tuent ceux qui mentent, ou encore lorsque les Eton plongeaient le sorcier dans l’eau en tenant les pieds en l’air jusqu’à ce que mort s’en suive, une chance était toujours donnée par les Beti anciens aux sorciers de se repentir et de laisser neutraliser leur évú lors du rite.

L’approche que les Beti anciens avaient devant le péché est à tout point similaire à l’approche chrétienne. Ils étaient parfaitement conscients que le péché est en grande partie le fruit de l’action du prince du monde matériel appelé Satan chez les Chrétiens, évú chez les Beti.

S’il fallait tuer physiquement tous les sorciers, se disaient les anciens Beti, l’on court alors le risque de commettre soi-même le grand péché de meurtre sur des innocents. Car ils étaient conscients qu’il y a des sorciers qui ignorent qu’ils sont des sorciers. En général d’ailleurs, la peine de mort n’existait pas chez les Beti anciens.

Lorsque vous faites des rêves du genre que vous vous battez avec votre frère et que des gens volent à votre secours pour le défaire ; lorsque dans une autre phase du rêve vous vous retrouvez dans un groupe de personnes où vous êtes entrain de manger de la viande et de boire de l’huile de palme ou un liquide noir ; lorsque quelques jours plus tard votre frère meure subitement, il y a de fortes chances que vous êtes sans le savoir un sorcier qui fait des voyages astraux vampiriques.

Les Beti anciens évitaient le meurtre d’un tel sorcier qui s’ignore, et qui ne demande souvent qu’à être soigné et rétabli dans la vie normale des règles divines prescrivant le respect des lois naturelles et cosmiques.

Le péché, fruit de l’action de Satan ou évú, est la source fondamentale des affections émotionnelles, physiques et mentales qui affligent l’homme, et aussi la source de la mort. Beaucoup de nos jours ne réalisent pas que lorsque l’on est dans une colère noire, dans une haine viscérale ou dans une jalousie débordante, ce sont là des signes que l’on est complètement envahi par le diable ; et cela demande un traitement.

Les Camerounais en particulier, et les Africains en général souffrent et meurent chaque jour des actions de la sorcellerie, allant des exécutions vampiriques aux traumatismes de la possession, en passant par toutes formes de blocages des destins et de lancements de toutes formes de souffrances. Feu l’abbé Meinhard Hebga fut un savant pionnier de la lutte de cette réalité désastreuse, par l’usage de tout ce qu’il trouvait de force mystique dans l’église catholique. Son travail doit être loué et respecté.

Cependant, les solutions occidentales sont rarement efficaces pour les problèmes africains. Il est constaté un peu partout que, autant les soins religieux de Hebga et ses disciples parviennent à chasser les démons et les esprits maléfiques, autant ils sont incapables de garantir que de tels mauvais esprits reviennent là où ils sont chassés.

Une telle inefficacité des soins chrétiens au centre même de la mission de Jésus Christ qui, il faut le rappeler, était de chasser Satan et de guérir ses victimes humaines, est à mettre en comparaison avec l’efficacité des rites contre la sorcellerie, bien reconnue par tous dans la société précoloniale.

Car les rituels africains ne se limitent pas seulement à chasser les esprits maléfiques, mais surtout à leur refuser tout droit de retour ; en brisant par exemple les « dents » du mauvais évú chez les Beti ou encore en transformant l’ancien sorcier en un guérisseur qui mourrait si jamais il allait encore en sorcellerie.

Lorsque l’esprit du Mal se saisit d’un individu et lui fait commettre des forfaits, la Bible dit que la malédiction qui en résulte frappera un tel individu sur quatre générations.

Les Beti anciens savaient que l’homme faisant partie d’un
flux de vie
, une malédiction qu’un tel individu provoque en violant un interdit, surtout lorsqu’une telle violation résulte de la possession de l’évù, frappera un tel flux de vie de génération en génération, sans limitation précise du nombre de telles générations.

Pour ne pas laisser une malédiction poursuivre son désastre sur des générations futures innocentes, les Beti anciens avaient pour devoir d’organiser des rituels purificatoires, dont le So en est l’un des plus importants.

Le Cameroun a urgemment besoin des rites d’initiation dans toutes ses communautés. De tels rituels sont une opportunité salvatrice pour les sorciers qui dirigent aujourd’hui le pays, pillent à tout va, mentent, massacrent, appauvrissent et pervertissent les mœurs ancestraux en se trompant qu’ils jouissent des biens matériels plus que tous, alors qu’au contraire ils ne font que cumuler contre leur descendances, leurs familles et leurs communautés, des malédictions que les rituels traditionnels en cours d’effacement auront du mal à soigner.

S’il en était autrement, il leur suffirait d’examiner leur société européenne de référence, à la recherche dans la classe politique de France, d’Angleterre, d’Allemagne ou d’Italie des descendants des dictateurs comme Louis Napoléon Bonaparte (hormis le Dr. Charles Marie Jérôme Victor Napoléon le descendant de Jérôme Bonaparte, petit frère du dictateur), Oliver Cromwell (en dehors Katherine Worsley qui épousa en 1961 le Prince Edward, duc de Kent), Adolf Hitler dont les neveux descendants des Etats-Unis décidèrent de ne pas faire d’enfants, Benito Mussolini en dehors de son fils jazzisteRomano Mussolini qui avait d’ailleurs renié son père,

Notes bibliographiques
:
Même comme il faut respecter tous les efforts faits pour décrire la philosophie, le déroulement et les preuves du rite So, il faut avouer qu’il y eu beaucoup d’amalgames. L’on peut citer ceux qui n’ont pas subi le So eux-mêmes mais qui ont écrit sur le rite d’initiation, à savoir Atangana 1914 et 1942, Messi 1919, l’abbé Tsala 1958 et le Dr Azombo 1970. On peut même dire qu’avec Atangana, l’on avait demandé à un bourreau de rédiger la biographie se sa victime.
Beaucoup de crédit devrait par contre être donné aux observations directes de Zenker, au récit de Nekes (1913, pp 207-215) qui signa d’ailleurs du nom de l’ancien « porteur de sac de So » ou prêtre et directeur du rituel d’initiation Eyebe Abudi du lignage des Baaba, Tessman (II, 1913 p 45, no 1) qui avait participé de bout en bout à tous les cultes Beti qu’il décrit, le gouverneur colonial français Bertaut qui alla filmer le rite So en 1929 à Nkol Bogo chez Zogo Fuda Ngónó le rival de Charles Atangana et chef supérieur des peu christianisés Eton et Menguissa et dont la copie du film se trouvait au Musée de l’Homme à Paris sous le titre « Document recueilli en pays menguissa par M. Dugast » alors administrateur à Saa, la reconstitution de R. P. Stoll à Akono en 1942 au bord du Nyong sous la conduite du porteur de sac de So reconverti au christianisme Petrus Dzuhu Oyo, et finalement les films de Philippe Labhurte-Tolra, un ethnologue fasciné par te rite So et qui l’avait reconstitué à partir des témoignages des derniers initiés vivants en 1969.
Les systèmes politiques et sociaux de classes d’âge de l’histoire swahili sur les cotes orientales et sur les hauts plateaux éthiopiens dans les cités de konso et ochollo furent décrits dans Blanchy 2003, Peatrik 2002, Hallpike 1972 et Abélès 1983. Le cas particulier des Meru du Kenya fut traité par Anne-Marie Peatrik dans son livre de 1999, dont les points essentiels sont repris dans son article « Une Sparte africaine – Initiation, citoyenneté, souveraineté chez les Meru Tigania-Igembe », Journal des africanistes, 74-1/2, Cité-État et statut politique de la ville en Afrique et ailleurs, 2004, mis en ligne le 10 avril 2007. URL : http://africanistes.revues.org/document228.html. Consulté le 19 janvier 2008.
©2003 The African Independent, Inc.
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