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               Ndzana Seme, africanindependent.com, 22 /06/2008.Il faut sans aucun détour déclarer que c’est Paul Barthélemy Biya lui-même qui a ordonné les multiples assassinats des prêtres, évêques, sœurs et frères catholiques exécutés ces dernières décennies au Cameroun. On oubliant les enquêtes qu’il déclarait avoir ouvert lors des multiples assassinats des hommes et femmes d’église, Paul Barthélemy Biya a à chaque fois signé qu’il est l’auteur de chacun d’eux. Le Patriarche de l’Occident, le Pape Benoît XVI tenait donc à rappeler au vieux dictateur camerounais que l’église catholique n’a jamais ni oublié ni pardonné les crimes qu’il a ainsi perpétrés impunément. L’appel du Pape envers l’église catholique du Cameroun est sans équivoque. Les Chrétiens du Cameroun doivent continuer à s’impliquer dans les affaires politiques, en exerçant pleinement leur citoyenneté.

NEW YORK 06/22/2008 - Notons d’abord que le Pape, par ailleurs connu sous les titres d’Evêque de Rome, Vicaire de Jésus-Christ, Successeur du prince des apôtres, Souverain pontife de l’Eglise universelle, Primat d’Italie, Archevêque métropolite de la province romaine, Souverain de l’Etat de la Cité du Vatican, et Serviteur des serviteurs de Dieu, est aussi et surtout le Patriarche d'Occident (Patriarcha Occidentis).

Benoît XVI, qui entendait couper court à toute tentative de mettre en cause son autorité sur l’ensemble de l’Eglise, ou alors tout simplement, corriger toute inflation qui ne lui semble pas doctrinalement fondée, avait en 2006 abandonné le titre de Patriarche de l’Occident. Un tel abandon  n'a cependant  pas supprimé le Patriarcat d'Occident, dont il est titulaire en tant que Pape. 

Cet abandon avait provoqué des réactions négatives ou interrogatives de la part des Églises orthodoxes, dont notamment le métropolite orthodoxe Hilarion de Vienne et d’Autriche, sous la juridiction du patriarcat de Moscou, qui dénonça cette
« preuve des prétentions de plus en plus croissantes de l’évêque de Rome à la primatie universelle »

Ceci pour dire que le Pape Benoît XVI est avant tout le père et le dirigeant moral de la communauté occidentale, le patriarche de la culture occidentale chrétienne, qui veut aussi être le patriarche du Monde.

Benoît XVI a prédit l’avenir des Etats-Unis


Ce rappel est fait pour montrer que, malgré l’apparence de faiblesse qui caractérise les serviteurs de Jésus Christ, ces volontaires non violents engagés à apporter le bien-être spirituel, moral et physique à tous, sont ceux qui ont dirigé l’Occident pendant 1000 ans durant le Moyen-âge et ont toujours été présents à tous les tournants de l’édification de la puissante civilisation occidentale.

Aux Etats-Unis, la visite du Pape Benoît XVI, du 15 au 20 avril derniers, avait été identifiée par ceux qui lisent derrière les lignes et feux de l’actualité comme une occasion pour la Patriarche de l’Occident de se prononcer sur ce que sera l’avenir des Etats-Unis dans le Monde. Notamment après que son illustre prédécesseur, Jean-Paul II, ait dit un jour que George W Bush ne prie pas Dieu ; ceci en réponses aux allégations de ce dernier selon lesquelles il prie Dieu, qui le guiderait dans ses décisions de guerre en Irak.

En plaçant sa visite aux Nations Unies et aux Etats-Unis sous le thème d’
«une opportunité de donner – et de recevoir – un témoignage du pouvoir de l’espoir et de la foi », beaucoup y ont vu une prédiction papale en faveur de l’auteur de L’audacité de l’espoir, le Sénateur de l’Illinois et candidat présidentiel aux élections du 4 novembre 2008, Barack Obama.

En effet, en se référant à son voyage au cours de son audience générale du 30 avril, le Pape dit que « l’espoir qui découle de la foi en Christ peut vaincre même le sort ténébreux jeté par les attaques terroristes du 11 septembre 2001 ». Pour la première fois dans l’histoire occidentale, le Patriarche de l’Occident place apparemment l’avenir du pays le plus puissant de l’Occident entre les mains d’un Noir.

L’assassinat des religieux comme moyen de terreur gouvernante


Les propos du Pape revêtent encore plus de signification pour ce qui concerne le gouvernement du Cameroun, quand on sait que Paul Biya est un occidentaliste qui n’a jamais eu d’autre phare que les modèles occidentaux, malheureusement les plus mauvais qu’il soit, comme moyen de se maintenir au pouvoir.

Formé dans les séminaires catholiques pour devenir prêtre, Paul Barthélemy Biya n’en a apparemment retenu que l’homosexualité, la roublardise, la tricherie, le meurtre et les sciences occultes apprises très tôt dans Opus Dei comme perversions individuelles. Après plus de 26 ans de pouvoir, de telles perversions sont aujourd’hui devenues le cancer qui ronge profondément la société camerounaise.

La faiblesse de Paul Biya s’était révélée dès les premières années après sa prise de pouvoir. Incapable de parler à ceux qu’il pressent comme des adversaires, en les regardant droit dans les yeux comme tout homme fort, l’ancien séminariste ne trouva rien d’autre comme solution que l’assassinat pur et simple pour se débarrasser des critiques acerbes de l’un de ceux qui le connaissaient le mieux, à savoir Me Antoine Ngongo Ottou, un avocat célèbre mais sans défense contre des tueurs professionnels dans son domicile de Melen.

Pour stopper les enquêtes journalistiques en cours dans l’Effort Camerounais, Barthélemy fit également assassiner un autre individu sans défense, l’abbé Joseph Mbassi alors directeur de publication. C’était le début d’une série d’assassinats de prélats, que ce faible de président trouvait comme la cible la plus facile pour asseoir son autorité à travers la terreur des populations.

Le dernier assassinat en date cité par le Pape est celui du frère Anton Probst,clarétain d’origine allemande alors âgé de 68 ans. Le frère fut assassiné le soir de Noël, à Akono où il travaillait depuis 11 ans, après avoir passé 23 ans dans la RépubliqueDémocratique du Congo. En revenant à sa résidence après la messe de minuit, il aurait surpris des cambrioleurs. Près de son cadavre, on avait retrouvé un pied-de-biche qui avait servi à lui défoncer le crâne. Mais rien n’a été confirmé, l’enquête ayant été enterrée comme toutes celles ordonnées par Biya sur les assassinats des autres prélats.

Le cardinal Christian Tumi, à plusieurs reprises, a fait l’objet de complots d’assassinat ; notamment en juin 2004 à l’occasion de la rumeur de la fausse mort de Paul Biya, que ce dernier fit circuler à partir de sa résidence dorée de l’hôtel Intercontinental de Genève en Suisse.

Il faut sans aucun détour déclarer que c’est Paul Barthélemy Biya lui-même qui a ordonné les multiples assassinats des prêtres, évêques, sœurs et frères catholiques exécutés ces dernières décennies au Cameroun.

Il est en effet connu chez les Occidentaux que lorsqu’on veut de débarrasser d’un problème on crée une commission ; et pour ce faire, lorsqu’on veut enterrer un crime on crée une commission d’enquête vite oubliée. On oubliant les enquêtes qu’il déclarait avoir ouvert lors des multiples assassinats des hommes et femmes d’église, Paul Barthélemy Biya a à chaque fois signé qu’il est l’auteur de chacun d’entre eux.

Le Pape a rappelé les devoirs de l’Etat

Le 16 juin dernier, le Pape Benoît XVI tenait donc à rappeler au vieux dictateur camerounais que l’église catholique n’a jamais, ni oublié ni pardonné, les crimes qu’il a ainsi perpétrés impunément. Le Pape, à cet effet, ne s’est pas encombré de formules diplomatiques pour dénoncer « les trafics illicites et les phénomènes de corruption », facteurs essentiels d’instabilité économique, et surtout. L’on retiendra surtout les propos suivant du Patriarche de l’Occident à propos des obligations des leaders politiques et de l’Etat en matière d’allocation de la sécurité et de la paix aux citoyens, du respect de la légitime diversité culturelle (ce qui est complètement contraire à toute forme de tribalisme ou discrimination), et le devoir de prévenir et d’empêcher les tensions et les mécontentements ; car toutes défaillances, incapacités ou cynisme dans l’exercice de ces devoirs fondamentaux engendrent des conflits, au lieu du bien-être de tous que tout politicien devrait apporter :

« Un des devoirs fondamentaux des Responsables politiques est sans aucun doute d’offrir à leurs concitoyens une situation sociale pacifiée et la concorde, s’attachant à mettre fin aux tensions et aux mécontentements, qui engendrent régulièrement des conflits, pour faire prévaloir le dialogue et le respect de la légitime diversité culturelle entre les groupes sociaux et ethniques, pour construire et unifier la nation. »


Appel aux Chrétiens à s’engager politiquement pour le bien-être de tous

Mais le Souverain Pontife ne s’attend pas à voir un diable se transformer miraculeusement en saint du jour au lendemain. Il ne s’attend aucunement pas qu’un vieux dictateur comme Paul Barthélemy Biya devienne subitement un leader démocrate. C’est pour cela que Benoît XVI n’a pas mâché ses mots dans son appel suivant :

« Mes vœux s’adressent… en particulier aux pasteurs et aux fidèles de l’Église catholique, appelés à être toujours davantage partie prenante de la res publica, avec tous leurs frères, faisant rayonner les valeurs humaines et chrétiennes fondamentales pour la gestion de la vie sociale, pour le développement de la nation et pour le bien-être de tous. »

L’appel du Pape envers l’église catholique du Cameroun est sans équivoque. Les Chrétiens du Cameroun doivent continuer à s’impliquer dans les affaires politiques, en exerçant pleinement leur citoyenneté.

La république (res publica), a voulu dire le Pape, n’est pas une affaire de Biya ou des ministres, généraux, officiers, commissaires, commandants, directeurs et tous les autres fifres qui font et sont la loi au Cameroun, mais d’abord et surtout la « chose publique » de tous, dont doivent entièrement être partie prenante  les Chrétiens.

Le Pape a ainsi apporté un soutien indéfectible au travail de l’ACAT-Littoral, sous la direction de Madeleine Affité et la supervision du Cardinal Tumi, qui n’a jamais eu de cesse de dénoncer les crimes du régime Biya, allant des multiples violations des droits de l’hommes dans les rues, les campagnes et les prisons jusqu’aux massacres de jeunes camerounais en février dernier.

La conférence épiscopale, malgré les liens étroits de certains évêques avec le régime dictatorial, a aussi souvent fustigé le Mal au pouvoir. Le Pape soutient toutes les actions catholiques qui vont dans ce sens au Cameroun.

L’espoir de tous, à l’intérieur du pays comme dans la diaspora et les milieux progressistes du monde, reste cependant que le Souverain Pontife use de tout son pouvoir sur l’Occident pour que le Cameroun soit rapidement et définitivement débarrassé du Mal actuellement au pouvoir. Pour ce qui concerne les Camerounais eux-mêmes, notre jeunesse nous a prouvé en février dernier qu’elle est prête à tous les sacrifices pour y parvenir.


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