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Publié par Delphine E. Fouda

                    Camer.be,21/08/2008. En cette période de commémoration du deuxième anniversaire de l’assassinat de Djomo Pokam, sa famille vous prie d’avoir une pensée pour lui et pour toutes les innocentes victimes de l’intolérance. Prions Dieu tout Puissant qu’il ramène les meurtriers de Djomo Pokam sur le droit chemin afin qu’ils cessent d’endeuiller nos familles. L’intégralité de la déclaration de la famille Djomo datant du 20 août 2008, parvenue à la rédaction de Camer.be ce jour.
 
Mesdames, Messieurs, Comme vous le savez tous, il y a de cela deux ans, dans la matinée du 21 août 2006, notre fils Pokam Djomo Narcisse Olivier était torturé et tué au Hilton Hôtel. Deux ans après les faits, nous saisissons cette occasion pour vous remercier pour votre soutien et votre support. Des quatre coins du pays et de l’étranger, vous avez exprimé votre indignation et condamné avec la dernière énergie ce meurtre crapuleux. Vos nombreux messages d’encouragements et de condoléances ont été un baume apaisant qui a atténué notre douleur et notre peine. Merci aux autorités compétentes qui ont mené l’enquête préliminaire avec professionnalisme et détermination. Merci aux journalistes et aux professionnels des médias pour la couverture de ce triste événement.

Pour comprendre l’intensité de notre colère et la profondeur de notre douleur, imaginez un seul instant que l’on inflige à votre enfant les nombreux sévices corporels et sexuels subis par Djomo Pokam : qui aimerait que l’on torture et mutile son enfant?  Qui aimerait que l’on viole son enfant?  Qui aimerait que l’on boive le sang de son enfant?  Qui aimerait être nargué par les assassins de son enfant?  Qui aimerait que le cadavre de son enfant soit profané?

Imaginez la douleur ressentie par Djomo Pokam lorsque ses bourreaux lui ont appliqué un fer à repasser tout chaud au dos. L’enfant a crié, il a hurlé, personne ne l’a entendu, personne n’est venu à son secours. Le Pauvre!!! Il est mort dans l’extrême douleur.

En novembre 2006, les autorités ont fortement recommandé à la Famille DJOMO de suspendre les activités et les rassemblements prévus devant les hôtels Hilton les 21 de tous les mois. Il était question de ne rien dire ou faire qui aurait détourné l’attention des enquêtes alors en cours. À l’époque, l’arrestation des présumés meurtriers de Djomo Pokam était annoncée comme imminente. La Famille DJOMO a donc décidé de suivre à la lettre les recommandations des autorités, de tout suspendre et d’attendre tranquillement la suite des procédures. Elle attend toujours. Si depuis deux ans nous maîtrisons notre colère, étouffons notre peine et contenons notre douleur, c’est parce que nous voulons connaître la Vérité.

Qui a tué Djomo Pokam et pourquoi? La famille DJOMO s’attend donc à ce que les autorités judiciaires arrêtent, jugent et condamnent de manière exemplaire les meurtriers de Djomo Pokam. Il faut avouer que ces assassins sont allés loin, très loin, ils ont dépassé toutes les limites possibles et imaginables. Jamais auparavant, meurtriers n’avaient fait preuve quasi-publiquement de tant de cruauté, d’audace, d’arrogance et de mépris.

Comment peut-on, en plein jour, dans une chambre du Hilton Hôtel, le plus grand de Yaoundé, la capitale camerounaise, torturer, violer, tuer, un être humain et jeter son corps à l’extérieur, à plusieurs mètres du sol comme un vulgaire déchet? Vivement que Justice soit rendue afin que force reste à loi.

Mesdames, Messieurs, En cette période de commémoration du deuxième anniversaire de l’assassinat de Djomo Pokam, sa famille vous prie d’avoir une pensée pour lui et pour toutes les innocentes victimes de l’intolérance. Prions Dieu Tout Puissant qu’il ramène les meurtriers de Djomo Pokam sur le droit chemin afin qu’ils cessent d’endeuiller nos familles. Que dieu nous protège et nous garde. Merci.

Fait le 20 août 2008

© Correspondance particulière : Pour la Famille DJOMO, (é) Serge Djomo J., Chef de famille, Chimi Djomo Ernest, responsable et Porte-parole
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