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 Valentin Siméon ZINGA, La Nouvelle Expression,25/08/2008. Des faux policiers opérant au titre de l’opération épervier ont procédé à une “ perquisition ” fructueuse dans la résidence de l’ancien ministre. Bilan : trois valises de billets de banque emportées, selon des sources. 

 Ballet insolite pour une étrange opération. Des amis et proches ont défilé durant tout le week-end chez Michel Meva’a m’Eboutou. Une procession toute de compassion et de consolation,  aux dires de sources bien informées. Et qui fait suite à un feuilleton dont les premiers épisodes se sont déroulés dans une étonnante logique.

Dans la nuit du 21 au 22 août, des individus font irruption dans la résidence de l’ancien membre du gouvernement, à Nkoltoutou, sur la route de Meyomessala. Tout se passe  aux environs de trois heures du matin. Les inconnus se jouent des vigiles avec d’autant plus de facilité qu’ils se présentent comme des policiers agissant dans la cadre de l’opération épervier.

Le stratagème est d’autant plus vraisemblable qu’ils débarquent à bord d’un véhicule – dont La Nouvelle Expression n’a pu obtenir la marque- immatriculé SN ( Sûreté nationale). Ils passent la résidence au peigne fin. Et emportent trois valises.

Selon de fiables indiscrétions, il s’agissait de valises pleines de billets de banque. A en croire de crédibles sources policières, l’ancien ministre de l’Economie et des Finances, puis des Finances et du Budget (entre 2001 et 2004), a démenti cette version touchant au contenu des malles emportées. Par la biais d’une  déposition dans laquelle il parlait d’effets vestimentaires…

La Nouvelle Expression a pu apprendre de sources proches de ce dossier qu’en fait, les “ visiteurs ” de l’ancien ministre de la Défense, et non moins ex-secrétaire général de l’Assemblée nationale, n’appartiennent pas à la police. Et qu’ils n’agissaient donc pas dans le cadre de quelque opération épervier. Ce qui, à s’en tenir à la thèse des valises d’argent emportées, suggère que les  pseudo policiers étaient bien informés des mœurs du maître des céans s’agissant des méthodes de thésaurisation…

Reste que les présumés faux policiers auraient flairé le coup. Même si le nom n’a pas une charge symbolique aussi puissante que celle que charrient les patronymes d’autres protagonistes de l’opération épervier, Michel Meva’a m’Eboutou a bel et bien intéressé la police au cours des cinq derniers mois.

Cet inconditionnel de Paul Biya, auquel on prête une solide amitié avec le chef de l’Etat, n’est pas un acteur de second plan dans le feuilleton de l’acquisition d’un avion présidentiel. “  Gardien de la fortune publique ” - une formule que lui prêtent ses fidèles, et qui a eu tout son sens du moment où il était ministre en charge des finances - Michel Meva’a m’Eboutou a participé aux réunions stratégiques tenues à la présidence, qui ont plus tard abouti à la décision d’achat de l’Albatros. Il est réputé avoir tracé certains itinéraires financiers filandreux  entre la Société nationale des hydrocarbures (Snh), le Trésor public et les plénipotentiaires de l’Etat du Cameroun en direction de la firme américaine Boeing.

Interlocuteur des bailleurs de fonds au moment où l’option et le processus d’achat d’un avion présidentiel irritaient les partenaires du Cameroun, M Meva’à  – qui avait déjà affirmé en privé qu’il n’aurait pas hésité à doter le président de la République d’un aéronef neuf s’il en avait les possibilités - avait dû jongler avec les missions du Fmi qui s’intéressaient au dossier… De sorte qu’il a pu laisser prospérer quelques soupçons, quantité de doutes et nombre de préjugés.

La police, fortement intéressée par les évènements de Nkotoutou, pourrait donner des détails croustillants sur ces valises de vêtements ou de billets de banque. Beaucoup prédisent quelque embarras.

Tag(s) : #Actualité

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