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Hermann Oswald G’nowa, www.camer.be, 29/09/2008.  Plus de 24 heures après la mise à sac de la cité anglophone de Limbé par des malfrats particulièrement bien organisés, l’on en sait un peu plus sur le bilan macabre de l’expédition grâce à la presse locale. La population locale qui se remet à peine de ses émotions ne comprend pas comment leur ville a pu être contrôlée pendant quelques heures par des inconnus qui ont ensuite échappés absolument aux forces de l’ordre.The Sun, un journal de Limbé rapporte qu’une dame a trouvé la mort lors de l’attaque. La victime a vraisemblablement été touchée par balle à bord d'un autocar appartenant à l'hôtel FINI. L’autocar qui transportait les clients de la boîte de nuit de l’hôtel a été pris dans un piège tendu autour des banques attaquées par les malfrats.

Les banques pillées sont Amity Bank, la Société Générale (SGBC) et la SCB-Crédit Agricole. Amity Bank aurait payé le plus lourd tribut de ces agressions. La SGBC redoute également une lourde perte financière. Elle n’a pas encore communiqué le bilan des dégâts qui lui ont été infligés. Quant à la SCB, aucune communication n’est faite pour l’instant. Les trois institutions financières ont été attaquées à coup d’explosif.

Le raid des assaillants avaient commencé autour de une heure selon les propos des résidants de Limbé qui se remettent difficilement de leur traumatisme. Le dispositif de sécurité camerounais est arrivé plus de deux heures après le coup de force de la cinquantaine d’hommes armés. Le dit dispositif étaient composés de policiers, des gendarmes et des éléments de l'armée nationale.

Le directeur de la CDC attaqué

Les boîtes de nuit et autres points d’ambiance de la ville ont été vidées de leurs hôtes à l’annonce des coups de feu des commandos. C’est la peur au ventre que les fêtards ont retrouvé leurs domiciles respectifs.

Le Directeur général de la C.D.C, Henry Njalla Quan a été pris dans l’étau des attaques alors qu’il partait de Tiko pour Douala en compagnie de ses enfants. Une balle aurait même touché son véhicule. Fort heureusement, aucune victime n’est a déploré parmi les occupants de l’habitacle.

D’après le témoignage d’un autre habitant Limbé, les commandos étaient encagoulés, armés et vêtus de tenues sombres ainsi que d’un bandeau blanc sur la tête. Ils ont utilisé 3 pirogues à moteur pour s’échapper par voie maritime.

Suivant un militaire qui a parlé sous anonymat, les malfaiteurs ont subi un échange de coups de feu avant de s’évanouir dans la nature visiblement à cours de munitions.

Les autorités administratives et politiques dont le Gouverneur de la Province du Sud-ouest, Louis Eyeya Zanga et le préfet du Fako Jules Marcellin Ndjaga se sont rendues sur les lieux du drame dimanche dans la matinée de lundi. Le Ministre de la Défense Nationale, Remy Ze Meka a quant à lui débarqué à Limbé avant 8h00. 

Plusieurs analystes attribuent cet acte aux rebelles du Delta du Niger qui avaient récemment attaqué les positions militaires et administratives du Cameroun dans le secteur Bakassi tuant un sous-préfet. D'autres pensent à la piste de la SCNC, un mouvement qui lutte pour la sécession des deux provinces anglophones du Cameroun. La SCNC commémore l’indépendance de la partie anglophone le 1er octobre.

Au Cameroun, l’on s’interroge sur l’attitude des forces de l’ordre face à cette attaque à l’explosif. En dépit des détonations, les forces de l’ordre sont intervenus plus de 120 minutes après le début l’assaut. Bien plus, le dispositif sécuritaire camerounais n’est pas parvenu à maîtriser ces dizaines d’individus encore non formellement identifiés. Trop inquiétant disent les habitants de Limbé.

Un très lourd déploiement de troupes était visible dans la ville de Limbe dimanche. Les entrées et sorties étaient très filtrées dans cette ville pétrolière.

Tag(s) : #Actualité

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