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Ndzana Seme, www.africanindependent.com, 02/11/2008. Les milices terroristes armées qui ont sévi depuis une décennie dans le Delta du Niger et qui ont pour base arrière les mangroves et les îles pétrolifères de Bakassi ne se réclament en réalité d’aucune nationalité particulière, puisqu’ils considèrent Bakassi comme leur sol, leur pays propre appelé Ambazonia. Les Meka et leurs hommes de mains ont lourdement armé ces milices, qui multiplient aujourd’hui des attaques spectaculaires et des prises d’otages. Un faisceau des problèmes de banditisme, de sécessionnisme anglophone et d’infiltration de la garde rapprochée du vieux dictateur pose la question de la longévité du pouvoir Biya. L’hypothèse d’un coup d’État de palais n’est plus à écarter.

Au sujet de l’escalade du terrorisme dans la région de Bakassi, nous écrivions il y a quelques mois que la France, jalouse de la position dominante des Américains dans l’exploitation pétrolière du Golfe de Guinée, est entrain d’encourager un terrorisme dans la zone du Delta du Niger. Paul Biya, Remy Ze Meka, et celui qui coordonne au Cameroun la coopération militaire avec la France, à savoir le Général René Meka, sont à la base du massacre de nos soldats à Bakassi. Ils ont installé un réseau d’approvisionnement des gangs armés qui sèment la terreur dans la zone pétrolifère du Delta du Niger. Nos vingt et un soldats tués étaient des témoins encombrants d’une politique de déstabilisation par Paul Biya des pays voisins...

Les groupes armés de Bakassi, dont les noms changent chaque jour qui passe et qui aujourd’hui se déclarent s’appeler Bakassi Freedom Fighters (BFK), ne sont pas différents des « militants » qui sèment depuis des années la terreur dans la région pétrolière nigériane du Delta du Niger. Ces groupes sont également connus au Nigeria comme experts en changements de noms et de lieux.

Après avoir travaillé dans un objectif de déstabilisation du Nigeria avec le soutien de l’armée camerounaise pendant plus d’une décennie, les groupes armés de Bakassi semblent revenus à leur objectif fondamental, à savoir la prise de contrôle de la zone de Bakassi.

Ces groupes armés de Bakassi et du Delta du Niger ont accumulé un effort important de guerre grâce aux fournitures d’armes et de munitions de guerre assurées par l’armée camerounaise, mais aussi grâce aux lourdes rançons qui leur sont payées depuis une décennie pour la libération des prisonniers exploitants pétroliers qu’ils kidnappent régulièrement dans le Delta du Niger, et  maintenant dans les eaux camerounaises.

Ces « militants » semblent revenus, depuis le transfert de Bakassi au Cameroun le 14 Août dernier, à la revendication d’une part des revenus pétroliers et gaziers que le Cameroun recueille dans la zone de Bakassi. Ils demandent depuis des mois au gouvernement du Cameroun de leur reverser ce faute de quoi ils sèment la terreur dans le Delta du Niger depuis que le gouvernement nigérian a refusé et continue de refuser d’accéder à leurs demandes. Les retombées financières de l’exploitation pétrolière de Bakassi sont l’objet des négociations qu’ils veulent tenir avec le gouvernement de Biya.

Malgré ce que le chef de ce groupe, Ebi Dari, déclarait sur les antennes de TV5 en rejetant toute intention de séparatisme de leur part, une telle revendication est bien connue comme la source fondamentale du mouvement séparatiste et indépendantiste anglophone qui, comme ces groupes, se fait tout aussi remarquer par le changement constant de dénominations. Toute la lutte des sécessionnistes anglophones du Cameroun repose sur la prise de contrôle des ressources pétrolières et gazières énormes de la région de Bakassi. Ils estiment que eux et seulement eux, à l’exclusion de tous les autres Camerounais, ont pleinement le droit de propriété sur ces ressources minières.

Les Anglophones camerounais, dont les sécessionnistes, forment une grande couche de la population de Bakassi. Tout comme les autres Bakassiens d’origine nigériane, ils ne sont pas chauds en termes d’appartenance à un pays particulier, que ce soit le Nigeria ou le Cameroun.

Il faut en effet noter que ces milices armées qui ont sévi depuis une décennie dans le Delta du Niger et qui ont pour base arrière les mangroves et îles pétrolifères de Bakassi ne se réclament en réalité d’aucune nationalité particulière, puisqu’ils considèrent Bakassi comme leur sol, leur pays propre. Ils se présentent comme camerounais ou nigérians ou même équato-guinéens selon leurs intérêts du moment, qui sont essentiellement ceux de revendications financières.

Par exemple, parce que le gouvernement fédéral nigérian avait promis des milliards de nairas pour réinstaller les familles victimes du transfert de Bakassi au Cameroun, ces habitants s’étaient déplacés en masse, Camerounais comme Nigérians, dans l’espoir de profiter de l’argent qui leur était promis. Désenchantés, ils sont actuellement entrain de revenir pour poursuivre les activités de pêche pour beaucoup, et les activités de rébellion armée pour bien d’autres, à Bakassi.

Comme nous le verrons bientôt s’ils arrivent à obtenir que les gouvernements de Biya et de Sarkozy négocient avec eux pour la libération des 10 otages actuels, ces rebelles armés demandent que le Cameroun et la France, soit leur versent une part des revenus tirés du sous-sol de Bakassi, soit alors comme revendication ultime qu’ils accordent l’indépendance au territoire anglophone baptisé Ambazonia par le Southern Cameroon National Council (SCNC), faute de quoi ils rendraient toute exploitation pétrolière et gazière impossible avec leurs attentats terroristes en mer et sur la cote camerounaise.

Les Meka n’auraient pas prévu que ces groupes changeraient d’objectif aussi subitement en passant de la déstabilisation du Nigeria aux revendications financières adressées au Cameroun, qui finiront par être sécessionnistes. Ceci laisse certains observateurs penser que le contrôle de ces groupes échapperait progressivement aux Meka; qui continuent pourtant de faciliter leurs opérations, comme l’a montré la dernière attaque de Limbé.

D’autres observateurs estiment cependant que les Meka n’ont perdu aucun contrôle sur ces milices, puisqu’ils s’en servent plutôt pour se déclarer les seuls qui puissent résoudre la « question anglophone » en évitant une effusion de sang apparemment incontournable. Ceci veut clairement dire que sans les Meka aux commandes des forces de défense et de sécurité, le Cameroun ne pourrait pas éviter une déflagration de la guerre de sécession anglophone.

Les Meka ne lésinent dans tous les cas pas sur les moyens et mettent en jeu toutes formes de chantage. Ils utilisent les attaques de ces milices pour effrayer Paul Barthélemy Biya en lui laissant comprendre que le pouvoir lui échappe, car une redoutable rébellion s’avancerait déjà progressivement pour le renverser du pouvoir.

Les Meka entendent ainsi acculer le vieux dictateur dans l’exil, afin de rester imposer aux Camerounais un régime des plus répressifs et sanguinaires qu’il soit. Demain, le régime sanguinaire des Meka ne manquera pas, ironie du sort pour les pauvres séparatistes combattants d’aujourd’hui, d’écraser les milices de Bakassi ainsi que tout autre soulèvement sécessionniste anglophone dans le sang.
Même dans son lieu de repli à l’Hôtel Intercontinental de Genève, les Meka tentent toujours de montrer à Biya qu’il est un vieux dictateur en insécurité constante. C’est un tel objectif qu’ils entendaient atteindre en début septembre dernier lorsqu’ils commanditèrent le vol de sa mallette personnelle.

Malheureusement pour eux, le Diable ayant souvent une chance de cocu, Paul Barthélemy Biya fut alerté par les services de sécurité genevois de la présence suspecte aux portes de son hôtel d’une voiture faisant des tours pour ramasser son garde du corps voleur de mallette.

Malgré ce premier échec, les Meka ne se sont pas arrêtés à si bon chemin. La semaine dernière, ils ont demandé au capitaine Fouda Joseph, aide de camp du vieux dictateur, de soutirer à ce dernier des dossiers secrets d’État, dont notamment les documents listant les prochaines cibles de l’ « Opération Épervier » et les membres du nouveau gouvernement.

Fouda Joseph a malheureusement lui aussi, tout comme son subalterne six semaines plus tôt, été pris la main dans le sac. Il vient d’être exporté de Suisse et se trouverait actuellement enfermé dans une cellule le SED.

Paul Barthélemy Biya est visiblement celui qui a commencé les hostilités il y a quelques jours, en demandant notamment que les passeports soient retirés à Rémy Ze Meka. Le tout puissant ministre de la défense vit désormais dans la panique et est prêt à tout pour descendre le vieux dictateur. Car il craint qu’il se retrouve l’un de ces quatre matins entrain de tâter la paille molle d’une cellule du SED ou de la prison de Kondengui.

Une source proche du gouvernement nous fait état du retour imminent du chef de l’État au Cameroun. S’il en était ainsi, c’est que le vieux dictateur aura mis fin à sa stratégie habituelle consistant à distiller ces derniers temps des rumeurs sur sa grave maladie et sa mort. Il compte sur sa garde présidentielle, coordonnée par les Israéliens, et aussi sur ses Bir pour stopper toute tentative de coup d’État.

Tout laisse en effet indiquer que, contrairement aux coup d’État que Rémy Ze Meka n’a de cesse d’inventer ces dernières années, c’est bien lui, son oncle chef d’état major des armées le général René Claude Meka, son cousin le délégué général à la sûreté nationale Edgar Mebe Ngo, son frère le commandant de gendarmerie Emmanuel Meka Meka qui contrôle la sécurité du Littoral ainsi que son autre frère le commissaire divisionnaire Léon Mbia Meka d’Interpol, qui préparent actuellement un coup d’État de palais contre Paul Barthélemy Biya.

Tag(s) : #Actualité

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