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Delphine E. FOUDA, www.africanindependent.com, 02/11/2008. Encore aux prises avec d’obscurs déboires surgis du milieu de son plus proche entourage -mallette et documents dérobés-, Paul Biya passerait  des moments ombrageux. La  prise d’otage des membres d’équipage du bateau français ‘’Bourbon Sagitta’’ n’est pas pour lui garantir une sérénité. En effet les attaques qui se multiplient  sur le territoire camerounais énoncent sans ambages  le climat de violence qui risque de  sévir sur le triangle national. Une insécurité dont les auteurs ne sont pas à proprement parler de vulgaires bandits, mais bien plus des véritables milices dont la source d’approvisionnement en arme et munitions est le clan des Meka.
Bakassi Freedom Fighters n’est pas à son premier coup d’essai. Le  18 octobre dernier, le groupe faisait parler de lui  pour la première fois en revendiquant une attaque d’un chalutier dans les eaux camerounaises. Bien que le bilan ne fut pas désastreux selon les sources officielles, les autorités du ministère de la Défense (Mindef) auquel incombe la sécurité de l’Etat ont cru bon de minimiser l’attaque et de l’attribuer à de ‘’simples pirates’’. Pourtant on est bien loin de penser que l’enlèvement de 10 membres d’un équipage français sur les côtes camerounaises ne saurait être le fait d’amateurs. Cette propension de Rémy Ze Meka, le Mindef à dédramatiser les multiples incursions des bandes armées qui mettent  en danger la vie des camerounais, suscite des interrogations.

Au lendemain du braquage des banques dans la ville de Limbé par des individus lourdement armés, Rémy Ze Meka déclarait sur les antennes de la Bbc qu’il avait eu vent de ce  spectaculaire ‘’ cambriolage’’. " Nous avons donc pris des mesures et ce sont ces mesures qui ont limité les dégâts. "Avait alors dit Rémy Ze Meka allias bad boy. Au final, ce fut plus de 250 millions de francs CFA qui se sont envolés des quatre banques pillées dans la nuit du 27 septembre 2008, une perte en vie humaine déplorée, aucune opposition des forces de sécurité camerounaises et pour finir les assaillants avaient opéré en toute quiétude pendant deux  heures !

Les ‘’mesures’’ prises par Rémy Ze Meka auraient-elles été favorables au bon déroulement du braquage ? Si l’assertion selon laquelle le Mindef  avait retiré quelques jours plus tôt, les militaires des banques qui ont été cambriolées à Limbé s’avère fondée, information révélée par le confrère de   La Nouvelle Presse , il devient légitime de s’interroger sur les connectxions maffieuses et complices qui lient ces groupes aux clan Meka. Soulignons au passage que Rémy Ze Meka est un pivot du régime de Paul Barthélemy Biya. Il a toujours été présent avec les autres membres de la fratrie,  au croisement de tous les business grâce auxquels ils se sont bâtis des dynasties financières. Le trafic d’armes et de munitions étant un commerce lucratif, les frères Meka  ne s’en privent pas. René Claude Meka n’a –t-il pas été au cœur de l’explosion de la poudrière du quartier général des armées de Yaoundé en février 2001 ? Souvenons- nous  en : les enquêtes du Général Pierre Semengue avaient révélé une  main  criminelle et un manque de munitions de tous calibres. Toutefois, ces enquêtes aux allures dénonciatrices n’ont jamais osé désigner le principal coupable de cette explosion. Le général René Claude Meka, puisqu’il s’agit de lui, était à cette époque le commandant du quartier général. Selon toute vraisemblance, la poudrière avait été incendiée pour effacer toute preuve d’un commerce illicite. L’attaque du 12 novembre 2007 ayant coûté la vie à 21 soldats camerounais reste encore présente dans les esprits. Dans les colonnes de Mutations, des officiers de l’armée ayant requis l’anonymat avaient évoqué un trafic d’armes et de munitions. Un collectif des sous officiers de la Rmia (Région militaire interarmes,) avait alors demandé dans une lettre ouverte adressée à Paul Biya, chef suprême des armées, la ‘’ condamnation à mort par pendaison de Oyono Mveng, Akah Robinson, du Mindef lui-même en la personne de Remy Ze Meka ‘’.

Que cachent ces multiples agressions ?

Les motivations du groupe ayant enlevé les dix membres d’équipage du ’’Bourbon Sagitta’’ restent à ce jour floues. Selon, le chef des rebelles joint au téléphone par l’AFP, les revendications ne sont pas d’ordre  indépendantiste. Bien qu’ils aient décidé de ne plus mettre à exécution leur menace, ils seraient néanmoins prêts à garder les otages  ‘’très longtemps’’ si le gouvernement camerounais ne répondait pas à leur demande. Ils exigent un entretien direct  avec les représentants du gouvernement  et ont évoqué les mauvaises conditions de vie des populations de Bakassi. Mais qui donc peuvent bien être ces ravisseurs qui n’exigent aucune rançon à la France , et qui insistent de négocier  avec les autorités camerounaises ? On peut  se permettre de s’interroger. Du côté du Mindef  on parle des ‘’compensations  financières’’ que rechercheraient ces groupes.

Ces gangs difficilement maîtrisables, qui opèrent en toute légitimité ne seraient-ils pas en train de faire pression sur leurs fournisseurs en armes et munitions pour les faire chanter ? Ou du moins est- ce le moyen par lequel les Meka veulent se rendre indispensables ? On se rappelle qu’à une certaine époque, Rémy Ze Meka déclarait qu’il préparait l’avenir du ‘’clan présidentiel’’ pour répliquer à ceux qui faisaient allusion à sa fortune.

Tag(s) : #Analyses

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