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Le Baromètre de Transparency International l’épingle comme l’un des pays les plus affectés au monde. La justice et la fonction publique étant les secteurs les plus exposés.

Les faits

La sentence est sans appel : " Selon le Baromètre, les pays les plus affectés par la corruption, selon leurs citoyens, sont notamment le Cameroun, le Liberia, l’Ouganda, la Sierra Leone ", peut-on lire à la page 7 de la dernière livraison du Baromètre mondial de la corruption.

Le sondage effectué auprès des compatriotes sélectionnés pour l’exercice de l’organisation non gouvernementale Transparency International (TI), indique clairement que le Cameroun reste l’un des pays les plus affectés par le fléau. Plus de la moitié (55%) des personnes interrogées estime avoir versé un pot-de-vin au cours des douze derniers mois, si ce n’est un de leurs proches. A ce pourcentage, le Cameroun fait jeu égal avec l’Ouganda ; les deux pays n’étant devancés que par le Libéria (87%) et la Sierra Leone (62%).

Une habitude qui a la peau dure chez les Camerounais, dans la mesure où plus de 64% des sondés se disent disposés à " tchoko " pour bénéficier d’une prestation auprès d’une entreprise éloignée de cette pratique.

Le baromètre 2009 de TI confirme que, en matière de corruption, le Cameroun a mal à sa justice. En recueillant la plus mauvaise note attribuée aux six secteurs et institutions retenus, soit 4,5 – à la dernière note (5) est accolé le qualificatif " extrêmement corrompu " -, le secteur judiciaire donne une impression désastreuse à 34% des Camerounais interrogés.

Justice inaccessible

D’où, probablement, le peu d’engouement des victimes à dénoncer les pots-de-vin, à cause notamment d’une justice inaccessible. En Afrique subsaharienne, souligne le Baromètre, plus du tiers des sondés trouvent les procédures de plaintes pour corruption trop lourdes. TI en conclut que, de manière générale, " le signalement des cas de corruption atteint des niveaux excessivement bas " dans le monde.

Dans ce tableau noir, la justice camerounaise est talonnée par la fonction publique qui, avec une note de 4,3, enregistre une perception peu reluisante auprès de 35% des sondés. Suivent dans ce classement peu honorable, les formations politiques (4,1), le parlement (4), le secteur privé (3,7) et les médias (3,5).

L’étude montre que plus une institution est quotidiennement au contact de la population, plus elle est exposée à la petite corruption. Ce qui est forcement le cas de la police que le document de TI omet d’indiquer dans quelle rubrique (justice ou fonction publique) la classer pour, dans le contexte local, mesurer son exposition à ce fléau. La corruption de la police s’observe d’ailleurs, avec plus ou moins d’acuité, sous toutes les latitudes. Ce qui pourrait expliquer le manque de résultat dans la traque du phénomène.
 L’inefficacité des actions de lutte contre la corruption, d’après TI, est une tendance mondiale. Au Cameroun, 63% des sondés n’ont pas confiance en la capacité du gouvernement à combattre le phénomène. Un constat qui ne diffère pas de ce qui s’observe en Afrique subsaharienne (64%).
 © La Nouvelle Expression : Omer Mbadi Otabela

Tag(s) : #Actualité

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