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Objet: Ma démission du RDPC

Monsieur Le Secrétaire Général,

Vous avez noté que depuis l’année 2000 étant encore en fonction, je suis absente volontairement des activités du RDPC, parti dans lequel j’ai été militante de base dès la première heure, pour des colères humainement évidentes sur des faits et avis professionnels qui m’ont valu beaucoup de haine au sein du Gouvernement du RDPC.

Après Bamenda, ma conviction était que le Chef de l’État du Cameroun avait créé ce parti pour l’assister intellectuellement, techniquement et socialement, avec engagement patriotique et fidélité des militants dans sa lourde mission pour le développement du Cameroun et le bien-être des citoyens. Sachez qu’à mon niveau je suis fière comme citoyenne et militante que j’ai été de lui avoir apporté toute ma contribution et mes performances techniques, intellectuelles et managériales aux différentes fonctions qu’il m’a confiées en sont un témoignage éloquent tant sur le plan national qu’international. A ces différentes fonctions, j’ai beaucoup apporté au RDPC à divers titres et singulièrement dans mon Département d’origine, assistant les candidats investis par le parti et menant des campagnes électorales à coup de crédits bancaires et pourtant je n’ai jamais sollicité une quelconque investiture du parti. A un moment fatidique des élections présidentielles d’une certaine année, je conçois le pagne blanc de la majorité présidentielle à la demande expresse du Premier Ministre ACHIDI ACHU. Vous-même personnellement savez tout ça.

Il faut donc savoir que depuis l’année 2000, je suis vraiment en colère contre ce parti au pouvoir qui n’a cessé de m’étonner par certaines pratiques à l’encontre de ma personne en particulier pour plusieurs raisons que vous découvrirez dans mes mémoires. Je vous en cite brièvement trois :

1.En 2000, j’ai 10 ans de DG/SNI. J’ai fini de réhabiliter financièrement et techniquement l’entreprise et de redéployer ses activités. Mais je réussi à le faire contre l’avis de tout le monde y compris des banquiers et hauts fonctionnaires internationaux qui me disaient clairement en 1990/91 que c’était une mission suicidaire, que je n’y arriverai jamais, et qu’ils avaient reçu des assurances des Autorités Camerounaises qu’il fallait purement et simplement liquider la SNI après avoir vendu les 60 entreprises de son portefeuille et qu’au mieux, la privatiser sur la seule base de son bel immeuble et de l’expertise de son personnel cadres. Je n’ai à aucun moment cédé à cette pression de frayeur tous azimuts tant pour la SNI que pour les sociétés de son portefeuille, ce qui m’avait valu des contrôle internationaux assortis d’interrogatoires vicieusement élaborés pratiquement toutes les semaines de 1990 à 1994, date à laquelle la SNI est versée dans le système fiscal de droit commun, seul cas au monde pour une société d’État de capital-risque, convaincus que cette fois-là ce sera la vraie faillite.

Je pense qu’en Septembre 2003 les Autorités du RDPC s’étaient réjouis de constater qu’en 13 ans de gestion stratégique de la SNI, j’ai été un pompier efficace puisque je laisse une société très solide, sans dette, bénéficiaire, très réputé, 8,5 milliards de F CFA nets en compte dans les banques avec tout ce qu’il faut financière et techniquement pour engager les travaux de rénovation de l’immeuble-siège, le salaire du DG/SNI définitivement fixé. Le RDPC ne pouvait que s’en réjouir et en jouir.

Je n’ai pas besoin d’être humble pour ça car les différents rapports annuels d’activité, les procès verbaux des Conseils d’Administration et des réunions du Contrat de Performances État/SNI signé en 1992, les comptes d’exploitation, les bilans comptables de mes 13 années de gestion stratégique de cette société contre vents et marées sont là pour le témoigner.

Malgré ces performances, j’ai dû batailler 10 ans auprès du Gouvernement du RDPC, mon parti, de 1990 à 2000 pour que me soit fixé le salaire du Directeur Général que j’étais, ne vivant qu’avec mon salaire de base de cadre SNI hors classe et avec mes frais de mission. Ce salaire est enfin fixé 10 ans après, recalculé base 1er Octobre 1990, date de ma prise de fonction officielle jusqu’en 2000 y compris les impôts et taxes divers y attachés et dus, le tout à titre de régularisation. A ma grande surprise et malgré l’importante trésorerie que j’avais reconstituée dans les comptes de la SNI, le Gouvernement du RDPC décide de me payer d’abord 5 ans d’arriérés sans un moindre scrupule de la loi qui s’appelle le Code du travail et qui stipule clairement que le salaire est la contrepartie du travail effectivement réalisé. Les 5 autres années d’arriérés de mon salaire me sont dus jusqu’à ce jour, c’est-à-dire à nouveau 10 ans. Vous-même personnellement vous en êtes très bien informé et le Président National du RDPC le sait aussi puisque je l’en ai officiellement informé par écrit avec lettres de relance depuis Juillet 2006.

Si la militante du RDPC que j’ai été est consciente que servir son pays avec engagement et patriotisme est normal, un salaire est-il une gratification?

J’ai donc subi une gestion RDPC de ses ressources humaines deux poids deux mesures lors que dans le même temps, d’autres DG peu performants affichant des résultats nets structurellement déficitaires d’années en années se voyaient attribuer des salaires pompeux.

2.La même année 2000, je suis convoquée par un haut dignitaire du Gouvernement du RDPC pour m’entendre dire que « Madame le DG, qui vous a demandé de réhabiliter la SNI avec tant d’efficacité? En outre vous vous opposez au sein du Comité Interministériel à la privatisation de certaines entreprises pourtant inscrites dans le programme économiques triennal du Gouvernement signé par le Premier Ministre dans le cadre des conditionnalités FMI et vous allez le regretter », fin de citation.

C’est vrai que j’ai émis des avis réservés quant à la privatisation de certaines entreprises porteuses d’importants facteurs de production et d’importantes plus-values ou sur les bas prix de cession annoncés dans certains cas tels la SNEC à 450 millions de FCFA ou encore sur des cessions avec terrains pour les agro-industries et les hôtels en particulier, ces terrains n’étant ni délimités ni titrés car faisant partie au moment de la création desdites sociétés par la SNI du domaine privé de l’État. Je note aujourd’hui que certains de mes avis ont finalement été pris en compte comme louer les terres en lieu et place de les vendre. J’estimais et j’estime toujours que seul le Chef de l’État a constitutionnellement compétence pour vendre des parcelles du Cameroun s’il le souhaite car il est seul garant de l’intégrité territoriale.

S’agissant des entreprises du groupe SNI, vendre à perte signifiait que je devais comptabiliser des pertes au bilan pour sorties d’actifs minorés. C’était difficile à envisager pour une fervente adepte de l’entreprise bénéficiaire que je suis.

D’une manière générale, je m’opposerai toujours si j’avais à recommencer aux privatisations et liquidations intempestives qui ne visent aucun objectif stratégique majeur bénéfique au pays et aux citoyens, s’agissant de deux axes de politique qu’il ne faut pas concevoir à la légère.

S’agissant des liquidations, c’est en effet trop facile de détruire des actifs coûteux et des emplois sous prétexte que l’entreprise est structurellement déficitaire comme c’était le cas pour la SNI des années 1989/90 avec ses 250 milliards de F CFA de dettes cumulées, ses 21 milliards de F CFA de perte nette cumulés, ses 850 millions de F CFA de dettes dues aux fournisseurs locaux, etc. je ne suis pas non plus l’adepte de l’école camerounaise qui offre gracieusement toutes les plus-values aux tiers-acquéreurs d’entreprises d’État et parapubliques, parceque même les générations futures pourraient y prendre appui pour bâtir leurs stratégies de développement économique et social du Cameroun. Le rituel du Comité Interministériel était que le PM a « le dos au mur », il faut rapidement privatiser telle ou telle autre société.

Tant qu’à faire, le RDPC me reproche tout ça.

3. Le Premier Ministre Peter MAFANY m’a persécuté pendant 4 ans avec assignation au pénal pour avoir refusé de signer la convention de cession de 20% des 64% des titres détenus par la SNI dans le capital social de CIMENCAM parceque j’estimais qu’il manquait 2 milliards de F CFA par rapport à l’évaluation SNI en opposition au prix de 3milliards de F CFA consentis par écrit au Partenaire acheteur par le Gouvernement. Après de rudes négociations et heureusement que comme on dit chez nous, le blanc reconnait toujours la pertinence des faits techniques, l’évaluation de la SNI donc a prévalu et les 5 milliards de F CFA ont été payé et encaissé par la SNI. J’ai aussi failli aller en tôle pour avoir ajouté 2 milliards de F CFA au prix de cession minoré du Gouvernement RDPC.

L’administration étant écrite, ce qui m’a en plus révolté dans cet acharnement du PM Peter MAFANY contre ma personne, c’est que ce dossier était d’une rare clarté en terme de procédures et d’accords officiels signifiés par le Secrétaire Général de la Présidence de la République par écrit au PCA de la SNI. En outre, le but réel de cette vente visait uniquement le remboursement partiel de la lourde dette internationale de 14 milliards de F CFA hors intérêts après la dévaluation du F CFA de janvier 1994, dette contractée par mon prédécesseur pour la construction de l’hôtel HILTON, directement portée par la SNI et entièrement exigible en 2000. En effet, le consortium des banques internationales ayant consenti ce prêt menaçait d’assigner l’État du Cameroun devant les tribunaux. Même si me personne ne méritait une quelconque forme d’encouragement, qui mieux qu’un Premier Ministre devait soutenir une telle transaction pour éviter un contentieux d’image internationale à l’État du Cameroun?

Seuls les hauts dignitaires de RDPC savent pourquoi ces méthodes de démotivation professionnelle et de vexation systématiquement appliquées à certains responsables comme ce fut mon cas, pourtant militante du même parti et censée œuvrer pour la même cause nationale. Personnellement je ne l’accepte plus depuis l’année 2000. Lorsque le Chef de l’État du Cameroun, Président National du RDPC confie des tâches précises à des moments précis à certains de ses concitoyens de surcroit militants du RDPC pour l’évolution du pays, vous pensez bien qu’on s’attend à tout sauf à ces manœuvres d’intimidation et de découragement ne visant qu’à vous faire échouer dans la mission confiées. Échouer à sa mission c’est contribuer à la destruction du Cameroun. C’est ce qui explique peut être aujourd’hui que le Cameroun connait une dégradation économique, financière et sociale sans précédent et affiche un taux de croissance négatif de - 4% au moins et tout le monde peut le calculer sur la base des grands agrégats du budget de l’État pour l’exercice 2010 en cours malgré les importants allègements des dettes internationales. C’est plus prudent et courtois de jouer aux Ponce Pilate.

Il convient de rappeler qu’en 18 mois, de 1989 à 1990, au plus profond de la crise économique et financière dans le pays, grâce à un travail acharné et concerté impliquant toutes les personnes utiles de tous les secteurs, Camerounais et expatriés confondus, le redressement économique, financier, bancaire et social du pays s’est rapidement concrétisé dans la vie courante. Toute l’équipe des Conseillers autour du Secrétaire Général de la Présidence de la République de l’époque avions porté le taux de croissance réel du PIB à 5,8% alors qu’il était négatif depuis l’exercice 1984/85 lorsque le rapport économique de la Banque Mondiale lance le 1re SOS aux Autorités Camerounaises annonçant cette crise que plusieurs responsables en poste avaient contesté. Et pourtant les conditionnalités FMI/Banque Mondiale étaient des plus rudes en 1989/90, le Trésor Public manquait gravement d’argent et le secteur bancaire était par terre.

Ce travail dense d’équipe et de concertation multiforme nous avait aussi permis de maintenir le Cameroun dans le groupe des pays à revenu intermédiaire c’est-à-dire semi-émergent. Comme le RDPC m’a donné un profil de pompier en cas d’extrême urgence, j’ai ensuite été envoyé éteindre le feu de la faillite de la SNI cette même année 1990. C’est un beau profil pour un citoyen engagé comme moi avec professionnalisme et optimisme sans limites pour contribuer à sortir mon pays du sous-développement. Il serait utile pour le Cameroun et les Camerounais que chaque responsable du RDPC fasse son bilan professionnel.

Ayant été très malade entre 2004 et 2007 et pour des exigences médicales de convalescence et de remise en forme, je n’ai pu vous saisir officiellement au moment souhaité par moi pour vous faire part de ces ressentiments profonds et des plus négatifs, abondamment vécus et contraire à ma façon de travailler et de servir mon pays, à ma vision du service public et de la gestion des ressources humaines d’un pays sous-développé comme le nôtre.

Fort de tout ça, veuillez enregistrer ma démission officielle du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC) à compter de ce Vendredi 22 Janvier 2010. Je préfère être une citoyenne autochtone vivant désormais en harmonie avec ma conscience et mes convictions profondes.

Vous voudrez bien rendre compte de cette démission au Président National du RDPC à qui j’adresse une copie à titre de compte-rendu.

Je rendrai également compte aux Camerounais par voie de presse car beaucoup s’étonnent chaque jour de ne plus voir mes actions de militante de base comme par le passé, ayant coupé tout contact avec tout le monde pendant quelques années pour cause de santé. Le mutisme des citoyens ne peut pas contribuer à développer un pays.

COPIE: Président National du RDPC Son Excellence Monsieur Paul BIYA, Chef de l’État du Cameroun

Tag(s) : #Actualité

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