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Cameroun_enchaine200.jpgIls sont légions les exemples où les chefs spirituels d’un système de valeurs sont appelés des « princes ». Ceux qui ont pour habitude de lire des livres sacrés tels que la Bible ou le Coran rencontrent fréquemment ce titre.  Quand on observe le système juridico-politique en vigueur au Cameroun, on s’aperçoit que son « prince », le Président Paul BIYA applique à la lettre l’un des enseignements du juriste Nicolas MACHIAVEL qui fit comprendre que ‘’les qualités du prince doivent servir de finalité de la conservation du pouvoir dans les circonstances données’’. Il va même plus loin en écrivant qu’ « il n’est pas nécessaire à un prince d’avoir toutes les qualités, mais il lui est indispensable de paraître les avoir ».

 

L’héritier du système néocolonialiste camerounais, le « prince » régnant Paul BIYA, aussi appelé le « sage » sous d’autres cieux,  a parachevé l’œuvre initiée par son illustre prédécesseur  Ahmadou AHIDJO, une brute peu élégante qui pour asseoir son pouvoir n’hésita pas exterminer une ethnie dans le nord camerounais.  Le système bâti par son excellence, puisque c’est ainsi que la presse et ses affidés l’appellent couramment, repose sur sept piliers : le mensonge, la corruption, le spiritisme, l’arbitraire, la coercition, la prostitution et la luxure.

Du mensonge :

Le pouvoir central de Yaoundé repose sur des leurres,  la distorsion du réel et le mensonge. Combien de fois les gouvernements successifs UC/UNC/RDPC et leur chef ont menti au peuple ou aux organisations internationales telles que le FMI et la Banque Mondiale ? Fortes sont les chances que nul ne puisse avancer un chiffre, les camerounais eux-mêmes sont las de compter… N’ayons pas peur de le dire, n’ayons pas peur des mots et peu importe ce que diront les caïds du régime, au Cameroun de Paul BIYA, tout est faux : le résultat des élections ou des concours, les rapports  de la Présidence de la République ou des ministères, les chiffres sur le chômage, le nombre de fonctionnaires, le taux de croissance ou le budget de l’Etat…rien ne tient la route, tout est à refaire ! Néanmoins,  cette situation est loin de déplaire au prince. Il est le principal bénéficiaire de cette mascarade.

D’ailleurs, où  se trouve cet « omniabsent » et « ancien sorbonnard » ? Ecoutera-t-il l'Arlésienne de Georges Bizet au bord du lac Léman entre le 15 juillet et le 15 aout 2010  ou préféra-t-il un séjour en thalasso (quelque part hors du Cameroun) ?

De la corruption :

Pour le prince de Yaoundé, la corruption est un véritable moyen de gouverner ou de conserver son pouvoir et ses privilèges. D’après le GRECO (Groupe d’Etats contre la Corruption), la corruption se définit comme un abus de pouvoir ou une improbité dans le processus de décision. Elle ‘’comprend les commissions occultes et tous autres agissements qui impliquent des personnes investies de fonctions publiques ou privées, qui auront violé leurs devoirs découlant de leur qualité de fonctionnaire public, d'employés privés, d'agents indépendants ou d'une autre relation de ce genre, en vue d'obtenir des avantages illicites de quelque nature que ce soit, pour eux-mêmes ou pour autrui.’’ A titre illustratif, citons l’affaire Elf, Raymond Bernard de l’Antiquus Mysticusque Ordo Rosae Crucis, Paul Marie Le Guen le sélectionneur des Lions Indomptables, la Fondation Chantal BIYA, les 23 véhicules de luxes des cinquantenaires etc.
 
Résultat des comptes, les agissements de Monsieur le Président Paul BIYA ont affaibli les valeurs fondamentales sur lesquelles la société camerounaise aurait due reposer. Comme il est de coutume, le deuxième pilier du système BIYA a  réduit à néant la bonne foi, la franchise, le franc-parler, la cordialité, la sincérité et l’authenticité « indispensables » au bon fonctionnement des institutions.

Du spiritisme :

Les hommes qui nous gouvernent tirent leur force des incantations païennes. On ne dénombre plus les accointances politico-spiritistes dans l’Etat laïc du Cameroun. Le gouvernement du Président Paul BIYA passe des nuits blanches chez les marabouts et autres charlatans. Au RDPC, ils sont tellement crédules et imbriqués dans des pratiques magico-sorcières qu’ils prennent en charge le voyage de douze marabouts sensés influencer la destinée des Lions Indomptables.  Si l’on en croit les médias, leur prise en charge complète « avait été motivée par le fait qu’ils avaient promis une demie finale au Cameroun ». Quand on sait les rapports qu’entretient la dictature BIYA avec l’équipe nationale de football, on ne peut s’empêcher de regarder en direction d’Etoudi. Dans le dernier article de Vincent Hugeux, on peut même lire « Paul Biya, un ex-séminariste féru d'ésotérisme ».

Force est de constater que le fiasco de la coupe du monde illustre parfaitement bien ce qui se passe dans nos institutions : au lieu de travailler durement et sereinement les hommes du RDPC font confiance aux prophéties des charlatans. Au regard de ce qui s’est passé au Bénin et compte tenu des témoignages accablants de Raymond Bernard, grand maître de la Rose croix  à l’encontre de Monsieur  Paul BIYA, il y a lieu de se demander légitimement, si le pouvoir central de Yaoundé ne détourne pas des deniers publics pour financer  des activités religieuses ou ésotériques.  Le nouveau gouvernement élu démocratiquement après 2011, devra faire un état des lieux objectif et froid puis « nettoyer au kärcher » la vaste écurie qu’est devenue notre pays à force de turpitudes, de laxisme et de laisser-aller,  pour paraphraser Nicolas SARKOZY.

De l’arbitraire :

Le Président Paul BIYA a pérennisé l’arbitraire. Même le déroulement d’une petite finale de football dépend uniquement de la décision du « prince ». Les décisions prisent par le « prince » et ses collaborateurs ne dépendent que de leur seule volonté ou de leur appréciation personnelle. De tous les actes que posent ces hommes, la justice ou l’équité ne sont pas pris en compte. Sinon comment comprendre que des généraux de plus de 75 ans soient toujours en fonction alors que la limite d’âge du Général de Division ou du Vice-Amiral est connu et fixé à 61 ans d’après le Décret n° 2001/189 du 25 Juillet 2001 portant organisation du cadre des Officiers Généraux des Forces de Défense. L’article 3, alinéa 1 stipule : « Le titre de Maréchal de la République, les rangs et appellations de Général d’Armée ou Amiral d’Escadre et de Général de Corps d’Armée ou Vice-Amiral d’Escadre ne constituent pas des grades, mais peuvent être décernés par le Président de la République »  et l’article 7, alinéa 3 rajoute : « Le Président de la République peut également, pour nécessité de service, maintenir en fonction, un Officier Général atteint par la limite d’âge de son grade ».  Tout calcul fait, on trouve 14 ans !  A vrai dire, la seule personne à blâmer ici est le président Paul BIYA lui-même qui prêche par l’exemple.

De la coercition ou le bâton:

Le pouvoir UC/UNC/RDPC de Monsieur le Président Paul BIYA est basé sur la force physique ou potentielle à caractère exceptionnel et illégitime incompatible avec la liberté politique, le gouvernement constitutionnel et le principe d’égalité devant la loi.  En réalité, les droits de l’Homme sont quasi inexistants ! Pour gouverner le prince et ses collaborateurs utilisent le chantage, la violence, la torture, l’emprisonnement,  des menaces implicites ou explicites et le congédiement. Nous, les Démocrates Camerounais en savons quelque chose.  L’objectif visé par le régime est de voir la classe gouvernée agir contre son gré, un peu comme des esclaves. Mais les villes mortes de 1990, les émeutes supposées de la faim de 2008, tendent à confirmer que cette obéissance ne durera pas.

Si Monsieur le Président Paul BIYA travestit les résultats de la prochaine élection présidentielle alors, il se peut que les camerounais prennent leur responsabilité de la façon dont certains s’attendent le moins mais de manière soudaine, brutale et dramatique. Au PDC nous ne le souhaitons pas mais cette hypothèse n’est pas à exclure .

Le prince s’est personnellement doté de corps d’élites (le BIR) qui au lieu de se comporter comme des professionnels passent le plus clair de leur temps à intimider, à violer et à humilier leurs concitoyens. De prime abord, on se serait attendu à une branche spéciale de l’armée, aux missions titanesques telles que le maintien de la paix dans les foyers de tensions sous l’égide des Nations Unies ou la protection de nos frontières poreuses.

De la prostitution et la luxure

Le crédo du pouvoir est simple : « mourir de faim ou se prostituer ». Certains leaders politiques l’ont vite compris et ont joué le jeu. La majorité de ceux qui se sont laissé clochardiser ont été des membres actifs de premier plan du parti UNC/RDPC. Paradoxalement, aucun d’eux n’assume le bilan du régime, ils n’en parlent même pas...

Les ambassades et consulats camerounais ont été « transformés, contraints et forcés » en maisons closes, pourvoyeuses « de femmes aux hommes du RDPC  en mission à l’étranger ». Pour ces hommes la « fesse » est devenue un signe extérieur de richesse. Pour accéder à certains postes, certains n’hésitent pas cautionner des relations charnelles illicites et dégradantes avec des dames dans le désarroi et la misère .

L’une des caractéristiques de la luxure est l’hâblerie ou la forfanterie décrite par Louis-Tobie MBIDA en ces termes : « La forfanterie qui est illustrée par la frime et la vantardise se rencontre dans les rangs de ces mêmes hommes. Nombreux de ces camerounais sont passés maîtres dans le paraître. Ils vivent au-dessus leurs moyens, mènent un train de vie toujours plus tapageur et bruyant au grand dam de la république et de leur propre famille lorsque s’écroule leur château de cartes construit à grand renfort d’esbroufe. Ces hommes sont entre autres, les plus dangereux, car tout changement de régime politique entraînera obligatoirement la fin de leur supercherie. Ils s’accrochent et servent bec et ongles le régime RDPC (…). Ces hommes  sont gris et ternes mais ils sont pires que la teigne. »

Qui détient véritablement le pouvoir ? Le peuple, le prince, les généraux en fonction atteints par la limite d’âge ou le noyau dur du parti Etat ? On peut affirmer sans risque de se faire contredire que c’est le bas peuple qui subit les foudres du pouvoir coercitif et arbitraire. Le régime étant présidentiel, et l’exemple venant d’Etoudi, la personne sur laquelle doivent se concentrer toutes nos énergies est le Président Paul  BIYA . Pour détruire les sept piliers de son régime, il paraît nécessaire de le battre démocratiquement  à la prochaine élection présidentielle de 2011.

Actuellement, le Président Paul BIYA est la clé de voûte du système dictatorial qu’il a contribué à installer depuis 1962.  Politiquement, c’est l’homme à battre aux prochaines élections présidentielles de 2011.

© Correspondance : Alexandre MANGA ZOA, Membre de la Cellule de Communication

Tag(s) : #Analyses

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